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Tome premier.
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principes ; il ne s’occupe pas h délier le nœud gordien, il le coupe; il agiten face des arts comme Claudius l’ulcher, au moment de livrer unebataille navale, traitait les idées superstitieuses de ses soldats; les pouletssacrés, consultés, ne voulaient pas manger, c’était d’un mauvais augure :

« Puisqu’ils ne veulent pas manger, dit-il, qu’ils boivent. » Et il les fitjeter à la mer. Si l’art estime religion, une croyance vive, ardente pourl’artiste convaincu, il n’est qu'un préjugé gênant pour tous ceux qui nesont pas artistes. Supposez un corps d’architectes, sculpteurs et peintres,soumis à des principes inflexibles, au milieu d’un Etat qui n’a aucuneconviction en fait d’art : ce sera un embarras de tous les instants. LesRomains, politiques, législateurs et administrateurs avant tout, ne pou-vaient admettre dans leur société de pareilles entraves. Les artistes, chezeux, sont ou des esclaves ou des affranchis, ou tout au moins des citoyenstenus dans une obscurité systématique. Ils feront plus volontiers, d’unjoueur de flûte, un préfet , que d’un architecte ou d’un sculpteur. Il estindifférent au Romain que l’architecte applique tel ordre, telle cornicheou telle moulure à son monument. Mais le jour où l’architecte voudraraisonner, mettre en avant certains principes, en vertu desquels il doitagir, au-dessus de la volonté du magistrat; se refusera, par exemple, àdonner trois étages à un édifice qui serait d’une meilleure proportion s’iln’en avait que deux, quelque autorité qu’il invoque, quelques bonnesraisons qu’il allègue d’ailleurs, le magistrat lui ordonnera d’abord d’obéiret ne s’amusera pas à discuter avec lui sur les principes de son art, carlui, Romain, n’admet d’autre autorité que celle de la raison d’État. Untrait bien connu fait connaître quelles étaient les idées des Romains enfait d’art. Mummius l’Achaïque, faisant transporter de Grèce à Rome desœuvres d’art d’une haute valeur, stipulait que si l’on gâiait, dans letransport, un certain tableau de Zeuxis , les négligents ou les coupablesseraient tenus d’en faire un autre. Nous ne savons trop comment lesmagistrats romains traitaient les artistes et quelle était la dose d’indé-pendance qu’ils leur laissaient ; nous ne pouvons que conjecturer; maisnous savons quelles étaient les opinions manifestées par ces magistratsà l’égard de certaines sectes religieuses qui se trouvaient précisémentdans la situation où se seraient placés des artistes professant des doctrinesinflexibles au milieu de la société romaine.

Nul gouvernement ne fut plus tolérant que le gouvernement romain ;il admit toutes les religions, à la condition qu’elles fussent toléranteselles-mêmes; il ne proscrivit que la religion égyptienne, la religion juive ,et la religion chrétienne , parce qu’il supposait qu’elles étaient intolérantestoutes trois. 11 les considéra toutes trois comme dangereuses dans l’Etat;