TROISIÈME EÎSTRETIEN.
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comme toute organisation isolée, devient étroite et stérile. Nous suivronsle grand mouvement de la renaissance, ses étranges contradictions, scsefforts pour aboutir à un résultat opposé à celui qu’il s’était promis. Puisles moyens de profiter aujourd’hui du labeur de tant de générations,l’application des principes qui les ont guidées.
En finissant cet Entretien, à tous ceux qui nous disent aujourd’hui :« Prenez un art neuf qui soit de notre temps », nous répondrons : « Faitesd’abord que notre temps ne soit pas un composé des traditions del’antiquité, des influences de l’esprit du christianisme, des longuesluttes du moyen câge entre le génie des populations et les restes de laconquête des barbares, des efforts tentés par le clergé et la royauté versla domination absolue, des protestations incessantes des classes infé-rieures contre les tendances féodales ; protestations qui se répètent avecune ténacité rare dans un sens opposé à ces tendances par le labeurjournalier. Faites que nous oubliions la Réformation, cet amas énormede savoir et de critique. Faites que nous ne soyons pas les lils de nosaïeux. Faites que le siècle de doute n’existe pas, que toutes les traditionsn’aient pas été sapées par ce doute, tous les systèmes renversés; trouvez,pour mettre le pied sur le sol de la vieille Europe, une place qui ne soitcouverte par une ruine; donnez-nous des institutions tout d’une pièce,des mœurs et des goûts qui ne se rattachent pas au passé, des sciencesqui ne soient pas la conséquence des travaux de nos prédécesseurs.Faites, enfin, que nous puissions oublier tout ce qui s’est fait avant nous.Alors nous aurons un art neuf, et nous aurons fait ce qui ne s’est jamaisvu ; car s’il est difficile à l’homme d’apprendre, il lui est bien plusdifficile d’oublier. »