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ENTRETIENS SUR I.’ARCHITECTURE.
âge et la renaissance du xvi' siècle, n’ont pu le faire avec quelque fruitqu’après avoir étudié l’antiquité païenne. Nous regarderions comme unacheminement vers la barbarie l’étude exclusive des arts du moyen âge.Mais nous considérons comme étroit et insuffisant l’enseignement qui seborne à l’antiquité païenne, comme illogique, l’enseignement qui prétendpasser sous silence certaines phases de l’histoire des arts, et qui voudraitnous faire sauter du siècle des Césars au siècle de François 1 er , deJules II, de Léon X et de Henri II . S’il est juste de considérer les artschez les Grecs et les Romains comme étroitement liés aux institutions quirégissent ces peuples, s’il est raisonnable et fructueux de les étudier à cepoint de vue, on tombe dans l’erreur si l’on veut établir ces rapportsintimes entre les arts et les institutions du moyen âge. A cette époquede notre histoire, le génie des peuples est presque toujours en lutte avecles institutions qui les régissent. Les arts sont une des expressions lesplus vives de cette lutte; par cela même, les méthodes, au lieu d’êtresimples comme chez les anciens, sont complexes, demandent à êtrefouillées, scrutées avec soin, exigent les lumières de la critique et del’analyse. Est-ce à dire que cette étude soit superflue? Au contraire ; ànotre sens, elle doit contribuer à développer l’esprit, lui donner la sou-plesse qui nous est si nécessaire aujourd’hui, au milieu de notre étatsocial, compliqué, hérissé de contradictions sans cesse renaissantes,sorte de résumé des traditions du passé et des besoins physiques etmoraux du moment, état social où tout est flottant, indécis, remis sanscesse en question, où le génie des peuples cherche son expression défi-nitive à travers les doutes, les systèmes, les révolutions, où les institu-tions tendent, non plus à opprimer ce génie, mais à se mettre d’accordavec lui après tant d’expériences.
Notre programme est donc tracé. S’il est étendu, ce n’est pas notrefaute, c’est notre temps qui le veut ainsi ; on ne lui reprochera pas dumoins d’être étroit. Nous examinerons donc successivement ia grandeunité de principes des arts romains en ce qu’ils ont de romain, puis leséléments divers qui viennent détruire cette unité : l’influence de l’espritissu du christianisme, sur l’architecture; l’ordre nouveau qui s’établit aumilieu du chaos des premiers siècles du moyen âge, d’abord au sein descloîtres, puis, au xn' siècle, au milieu de la nation civile; les rapportset les différences qui existent entre cet ordre nouveau et le génie despopulations, le progrès secret, persistant, indépendant des arts, àtravers des systèmes politiques complètement opposés à ces progrès,l’abaissement qui est la conséquence de cet état permanent de luttes;car les arts du moyen âge forment une sorte de franc-maçonnerie qui,