Band 
Tome premier.
Seite
131
JPEG-Download
 

QUATRIÈME ENTRETIEN. 131

romain ; cependant il faut reconnaître le mérite de la décoration archi-tectonique romaine, car elle a sa grandeur. La figure h fait voir commele Romain sait couvrir ses bâtisses en briques et blocage d’un vêtementmagnifique, comme il cache une construction commune, mais parfai-tement raisonnée d’ailleurs, sous les stucs et la peinture, et comme ilsait allier les matières précieuses qui lui servent à revêtir les soubas-sements des édifices, qui entrent dans la composition des ordres, avecles stucs et les peintures qui les couvrent. Je pense que les exemplesdonnés dans la figure h et la planche VII feront ressortir ces qualités.

Mais les édifices romains ne sont pas tous ainsi absolus dans l’emploides moyens. Leur décoration et leur construction ne sont pas toujoursaussi indépendantes l’une.de l’autre; il en est, comme les basiliques,par exemple, dont les plans, la construction et la décoration ne sont quele produit d’une tradition grecque. Là du moins, les deux principes nesont pas en contradiction, la basilique est pour nous un sujet d’étudesque nous ne devons pas négliger, car nous verrons bientôt comme cemonument se transforme chez les peuples occidentaux du moyen âge etdevient un des types les plus habituellement suivis.

Si l’architecture romaine est peu variée quant à l’enveloppe décorativedont elle revêt sa construction, aucune n’est plus fertile quant aux dispo-sitions des plans, quant à la structure.,

Les divers programmes d’édifices romains traduits par l’architectedonnent des dispositions tranchées, distinftes. Il est impossible deprendre des thermes romains pour un théâtre, un théâtre pour unebasilique, une basilique pour un temple. L’aspect extérieur de leursmonuments ne présente toujours que l’enveloppe du contenu, leursplans ne sont que l’expression des besoins et jamais ils ne sacrifient cesprincipes à la puérile satisfaction de faire ce qu’on appelle aujourd’huide l’architecture. D’abord, l’expression la plus simple et la plus exactedu programme, puis les moyens de revêtir les formes indiquéespar les besoins d’une apparence de puissance et de richesse. Si les pro-grammes sont vagues, si les besoins qu’ils signalent ne sont pas assezrigoureusement définis, comme dans les basiliques, par exemple, monu-,ment mixte, promenoir, marché, bourse, tribunal, lieu de discussions,salle des pas-perdus, alors nous voyons les architectes varier leursplans, différer dans la manière d’interpréter ce programme ; mais si, aucontraire, le programme est arrêté, s’il est impérieux dans l’ensemblecomme dans les détails des dispositions à prendre, alors nous voyonsles édifices qui les traduisent reproduire à très-peu de variantes près lesformes que l’expérience a fait admettre comme les meilleures.