CINQUIÈME ENTRETIEN
Sur les méthodes à suivre dans l’étude de l'Architecture. — Sur les basiliques des Romains .— Sur l'Architecture privée des Anciens.
Quand on veut explorer le cours d’un fleuve, on part de son embou-chure et non de sa source, on remonte le courant, on fouille les rivagesétendus d’abord , se resserrant peu à peu. On reconnaît les affluents eton étudie leurs rives, leurs rapides, leurs cataractes, jusqu’aux sourcesde chacun d’eux. C’est ainsi que l’on parvient à connaître la nature des•eaux du courant principal, ce qu’elles charrient, les causes qui les fontcroître et décroître, les rives arrosées, les origines des sources diverses.Mais personne n’a jamais songé à prendre un fleuve à sa source pourétudier son cours en le descendant. Il en est de même dans la connais-sance des arts, lorsqu’aux connaissances purement pratiques il fautjoindre la recherche des origines, des principes souvent opposés quileur ont donné naissance. Ce n’est pas notre faute si nous venons aprèsles Asiatiques, les Égyptiçns, les Crées, les Romains, les nationalités dumoyen âge et les réformistes de la renaissance. Or, depuis le xvi* siècle,il est admis que l’étude de l’art de l’architecture se compose de l’archéo-logie, c’est-à-dire de la connaissance des arts antérieurs et de l’examendes moyens pratiques donnés par l’expérience et la tradition. Cela estfuneste, mais nous n’y pouvons rien faire, et les choses étant ainsi, il
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