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ENTRETIENS SI R l.’AnCIIITECTÜHE.
part la ])lus petite pointe de vanité. Il aime sa maison, il l’a l'ait arrangerà son gré, il s’y plait, et c’était d’ailleurs un esprit assez distingué, unRomain assez comme il faut pour que cette habitation fût un chef-d’œuvre d’élégance et de goût ; niais avec son ami, vis-à-vis delui-même, il n’en tire aucune vanité. Si nous devons prendre quelquechose aux Romains, ne serait-ce pas cet esprit droit, cette élégancevraie, cet amour judicieux du bien-être moral et physique, plutôt queces formules de convention qui ont été mises en honneur sous le règnepompeux et boursouflé de Louis XIV et qu’on veut prendre pour lestraditions régénérées de l’antiquité? Ceux qui aiment l’antiquité, quiadmirent ses œuvres, qui se plaisent au milieu de la société d’éliteromaine dont nous recherchons avidement les moindres expressions, nedevraient-ils pas repousser énergiquement les fausses interprétationsqu’on a faites de ses arts? .Fc l’avoue très-nettement, quant à moi :l’antiquité frelatée dont nous sommes abreuvés me répugne tout autantque le pourrait faire une tète d'expression de Coustou ou de Covscvoxsur le torse de la Vénus de Milo . N’est-ce pas une erreur dangereusede mettre sur le compte des anciens certaines lois ridicules, protectricesde l’ignorance et de la médiocrité, ces lois absolues de symétrie, decompositions d’ordres uniformément appliqués partout, quand au con-traire nous trouvons dans les œuvres de l’antiquité une seule loi domi-nante, l’expression sincère et vraie des besoins, en même temps qu’uneliberté contenue par la raison et le goût, qui n’est autre chose quel’habitude de raisonner appliquée au sentiment de l’art?
Je crois qu’Horace ferait une plaisante moue devant le château deVersailles , si on lui disait que cette immense caserne symétrique (etpourquoi symétrique?), percée de rangées de fenêtres et décorée decolonnes et de pilastres, fut la villa d’un souverain. Aimons et étudionsl’antiquité, aimez et étudiez, si vous voulez, l’architecture du grandsiècle, elle a son mérite et sa grandeur; ne mêlons pas ensemble desœuvres qui ne sont pas seulement dissemblables, mais diamétralementopposés comme principe et comme expression ; surtout ne prétendonspas que les dernières sont inspirées des premières. Autant vaudraitprétendre que Puget a été chercher ses types à Ëgine . Que les archi-tectes du temps de Louis XIV aient cru suivre les traces des anciens, etqu’ils l’aient dit de bonne foi, il ne faut pas leur en faire un crime; ondoit respecter du passé même jusqu’à scs illusions; mais que nousrépétions aujourd’hui, par transmission héréditaire, une pareille imper-tinence, cela ne saurait être permis.
Pline, le consul, n’a pas que sa villa des environs d’Ostie, au bord
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