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un mouvement qui n’indique nettement un besoin ou une intentiondéfinie, un désir ou une crainte ; les animaux ne sont jamais afi'ectés,maniérés, vulgaires; beaux ou laids, ils possèdent le style, parce qu’ilsn’ont que des sentiments simples et qu’ils cherchent la fin par des moyenssimples, directs. L’homme, et surtout l’homme civilisé, étant un animaltrès-compliqué, transformé par une éducation qui lui apprend à luttercontre scs instincts, il lui faut faire un effort rétrospectif, dirai-je, pourtrouver le style, et Alceste a raison quand il préfère au sonnet d’Oronteces vers :
Si le roi m’avait donné
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Chacun est de l’avis d’Alceste, ce qui n’empêche pas les Oronte decontinuer à faire de plats sonnets, les architectes de couvrir leurs édificesd’ornements sans raison et sans style.
Nous sommes aujourd’hui devenus étrangers aux idées simples etvraies qui portent les artistes à mettre du style dans leurs conceptions;il est donc nécessaire, je crois, de définir les éléments constitutifs dustyle et surtout d’éviter les équivoques et ces phrases vides de sensrépétées avec le respect profond (pie le plus grand nombre professe pource qui est incompréhensible. Il faut rendre les idées palpables, leurdonner une figure, si l’on tient à les répandre. Si nous voulons que l’oncomprenne ce que c’est que le style de la forme, il faut se résoudre àsaisir la forme et à la prendre dans ses expressions les plus simples.Prenons donc un des arts primitifs, celui qui tout d’abord est mis enpratique chez tous les peuples, parce qu’il répond à un des premiersbesoins : l’art du chaudronnier, par exemple. Combien a-t-il fallu d’an-nées à l’homme pour affiner le cuivre, pour le réduire en lames minces,pour, de ces lames, faire un vase propre à contenir un liquide, cela nousimporte peu. Nous prenons cet art au moment où l’homme a reconnuqu’en battant une feuille de cuivre d’une certaine manière, on peut lamodeler et lui donner la forme d’un vase. L’ouvrier n’a besoin, pourobtenir ce résultat, que d’un morceau de fer comme point d’appui etd’un marteau. Il peut ainsi, en battant la feuille de cuivre, la retournersur elle-même, et d’une surface plane faire un corps creux. Il laisse doncun fond plat, circulaire, à son vase, afin qu’il soit stable lorsqu’il estplein. Pour éviter que le liquide ne puisse s’épancher lorsqu’un mouve-ment est imprimé au vase, il rétrécit son orifice supérieur, puis l’évasebrusquement, afin de verser facilement le liquide qu’il doit contenir ; laforme la plus naturelle, celie donnée par le mode de fabrication, estdonc celle-ci (fig. 1). Il faut pouvoir prendre ce vase : l’ouvrier yi. - 22