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liNTiuniiîxs sun l’arcihtectuiuî.
tement, c’est bien malgré lui. Je ne sache pas qu’il existe dans l’Italie septentrionale un seul monument qu’on puisse attribuer aux Lombards ;mais, s’il en existait un, j’oserais affirmer ou qu’il ressemble à uneconstruction latine, ou qu’il se rapproche des édifices byzantins ; lamaladresse seule avec laquelle les types auraient été traduits pourrait yajouter un élément barbare dans l’antique acception de ce mot, c’est-à-dire étranger. S’il n’existe pas de monuments lombards, il existe desconstructions élevées sous les Yisigoths, qui ont laissé une trace brillantedans les premiers.siècles du moyen âge. Eh bien ! ces constructions sontdes bâtisses romaines grossièrement faites. Vouloir donner à des bar-bares quels qu’ils soient une influence expansive , en présence destraditions et des monuments latins qui couvraient encore à cette époquel’Italie et les Gaules, en présence des arts grecs byzantins qui jetaientalors un vif éclat, c’est à peu près soutenir que le mouvement de larenaissance du xv c siècle en Italie a été provoqué par les Suisses ou lesWestphaliens. Mais je crois inutile d’insister sur cette question mise enavant il y a bien des années déjà, résolue négativement avec preuvesmatérielles, et renouvelée, je ne sais trop pourquoi, depuis peu. Dansl’histoire politique des peuples on a prétendu quelquefois que les événe-ments les plus importants, ceux qui ont exercé une grande influence surla destinée de ces peuples, étaient dus à de petites causes; je ne croisguère à cette théorie, mais, dans l’histoire des arts, je n’y crois pas dutout. La marche des arts est lente, conséquente, logique, les grandsrésultats ne sont que le produit d’ellorts considérables, suivis, réguliers,de traditions perpétuées ou reprises, mais dont il est facile de retrouverla trace, pour peu qu’on s’en donne la peine. S’il y a des soubresauts,des revirements brusques en politique, il n’en est jamais ainsi dans lesarts, et surtout dans l’art de l’architecture. 11 arrive qu’un peuple faitdes lois nouvelles, quitte un culte pour en prendre un autre, parcequ’une loi n’est qu’un texte; un culte repose sur des dogmes qu’à unmoment donné une civilisation admet, tandis que les arts, et l’archi-tecture en particulier, tiennent essentiellement aux mœurs, à des tradi-tions, à des habitudes matérielles, à des industries et des procédésqu’aucune puissance humaine ne saurait modifier qu’après une longuesérie d’études et de tâtonnements. L’Europe devient chrétienne etconserve encore longtemps les mœurs et les habitudes antiques, parconséquent l’architecture antique ; il faut que le christianisme ait changéles mœurs; il faut plus encore, il faut qu’un torrent de barbares aitinondé, pendant plusieurs siècles, le sol de l’Italie, des Gaules et del’Espagne : que les traditions romaines soient perdues, pour qu’on puisse