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Tome premier.
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ils taisaient invasion aux extrémités de P Europe occidentale parl'Espagne. Or les Arabes, sectateurs de Mahomet , n’avaient fait quedévelopper les arts transmis par les Nestoriens. L’empire d’Orientmenacé, affaibli au vm e siècle, répandait ainsi, malgré lui, l’influencede ses arts dans l’Europe latine , tombée dans la plus profonde barbarie.Cependant l’architecture romaine, qui en Italie et dans les Caules avait laissé de si nombreux débris, réagissait contre cette influenceétrangère avec plus ou moins de succès. En Italie , le vieux génie latinn’admettait que dillicilement les innovations byzantines. Dans les Caules même, les traditions romaines conservaient encore assez de puissancepour que l’élément byzantin ne pût que les modifier sans les détruire.Je n’ai pas la prétention de faire ici un cours d’histoire d’architecture,mais de faire saisir d’un coup d’œil la situation des arts en Europe etdans une partie de l’Asie , au moment oii les traditions de l’antiquitévont être profondément altérées dans l’esprit et dans la forme. Il meparaît inutile de rechercher ici, en l’absence de monuments existants etde textes sûrs, si les Yisigoths et les Lombards ont eu des arts à eux 1 ;si ingénieuses que soient les hypothèses à cet égard, ce ne sont toujoursque des hypothèses, ctje m’abstiendrai d’en présenter aucune; d’ailleurspourquoi tourner le dos à la lumière? Les arts des Latins de l’antiquiténous sont parfaitement connus; ceux des Crées byzantins ont laissé destraces visibles sur plusieurs points du continent européen : les produitsdes mélanges de ces arts sont là devant nos yeux, ils indiquent leséléments qui les composent ; pourquoi aller demander à un peuplebarbare des influences d’art qui n’ont jamais pu être exercées que .parune longue suite de traditions? Un peuple de barbares, si intelligentqu’on le suppose, ne peut avoir des arts que lorsqu’il devient civilisé ; ilne devient civilisé que par la longue pratique des arts qu’il a été prendrechez ses voisins, ou qu’il a trouvés sur le sol envahi par lui ; en s’in-struisant ainsi, il donne un tour nouveau à ce qui lui sert de modèle,mais il n’invente pas : il fait même ce qu’il peut pour se rapprocher leplus possible de ses modèles, et s’il les corrompt ou les copie maladroi-

i Voici ce que Grégoire le Grand dit des Lombards : « En quelque lieu que soient tesLombards, nous ne voyons que deuil, nous n’entendons que des gémissements; les cités, leschâteaux, les campagnes sont dévastés, la terre est un désert. » M. Léonce Raynaud, dansson Traité d'Architecture, semble confondre les Lombards avec la population nommée posté-rieurement lombarde, et qui n'était que la population latine sur laquelle les Lombardss'étaient rués. Toujours des équivoques. Loin d’ériger des églises, les Lombards ne pensèrentqu’à les détruire. Le peu d’églises qui furent élevées dans la Haute-Italie pendant la domina-tion des Lombards sont l’oeuvre de la population latine, qui avait conservé la corporation desMtajistri comacini au milieu de ces tristes temps d’invasion.

T.

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