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cents ans nous imitons très-mal des monuments romains, nous croyonsêtre des Latins . Examinons. Les Romains n’étaient pas et ne se piquaientpas d’être artistes; ils ne pratiquaient pas les arts; tous leurs artistesétaient (îrccs, ainsi que je l’ai fait assez ressortir, je crois; le Romain nefaisait que construire, peu lui importait la forme dont il revêtait sesconstructions. Du moment que le Romain reconnaît une structure bonne,il ne cesse de la reproduire, jusqu’aux derniers temps du Ras-Empire.Le Romain ne discute pas les questions de principe en fait d’art; il n’estjamais enthousiaste : c’est un peuple de politiques, de légistes et d’admi-nistrateurs; il n’est ni commerçant, ni industriel, ni savant, ni philosophe;ceux parmi les Romains qui s’occupent de philosophie et de sciencesvont tous puiser à la source grecque; le Romain est peu soucieuxd’éclairer le genre humain, de lui communiquer des idées et des prin-cipes; il se contente de le gouverner, et le prend tel qu’il est ; il le police,mais ne le civilise pas. Qu’avons-nous fait en Occident depuis que noussommes sortis de la barbarie jusqu’au xvn e siècle? Juste le contraire :nous avons été de mauvais politiques, de tristes légistes, de pauvresadministrateurs; non-seulement nous n’avons pas gouverné les autres,mais c’est, à peine si nous avons su nous gouverner nous-mêmes. Enrevanche, dès le xu c siècle, nous voyons les écoles s’ouvrir à Paris , etl’Europe y atlluer; nous étudions les philosophes grecs. C’est à Paris ,au xur siècle, que commence le mouvement encyclopédique, mouvementqui s’est perpétué jusqu’à notre temps ; c’est à Paris que les études ten-tent de percer les ténèbres des premiers temps du moyen âge. Nous dis-cutons à propos de tout et sur tout; nous raisonnons, nous analysons,nous écrivons, nous fouillons sans repos. Nous avons un art issu des tradi-tions romaines et des influences byzantines, l’art roman cultivé dans lescloîtres; en quelques années, nous le laissons de côté, nous eirprenons unnouveau, pratiqué exclusivement par les laïques, enfant de la géométrieet de l’observation de lois nouvelles, celles de l’équilibre des forces ; cetart ne s’arrête pas : il dépasse bientôt le but. Les classes inférieuresse coalisent, obtiennent des privilèges par la force ou l’adresse ; nousdevenons commerçants, cultivateurs, industrieux. Nous couvrons unepartie de l’Europe de nos produits, de nos écrits; comme les Romains,nous avons, il est vrai, l’esprit de conquête, mais nous n’avons jamais eucelui de les garder, parce que pour vivre, il nous tant notre milieu,notre pays, nos habitudes, nos sympathies. Pour des Anglais , parexemple, l’Angleterre est partout où se trouvent des Anglais , et c estce qui fait leur force; mais pour nous la France n’est qu’en brance.Les Romains ne faisaient pas la guerre pour autre chose que pour
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