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tion des colonnes est arbitraire ainsi que celle des chapiteaux. Poussant-les principes de la construction romaine jusque dans leurs dernièresconséquences, les Grecs byzantins en viennent à ne plus considérer lesmurs ([lie comme des claires-voies, des fermetures, des cloisons. Lastructure réside seulement dans les voûtes se eontre-buttant réciproque-ment, se résolvant en des pressions sur quelques points isolés, et lespiles portant ces voûtes. Ce genre de construction est bien franchementdéveloppé dans la grande église de Sainte—Sophie . L’art byzantin n’estdonc point, comme on l’a prétendu quelquefois, une suite de la déca-dence des arts romains; c’est un art qui pousse les principes de laconstruction romaine aux dernières conséquences, qui laisse de côté lesemprunts décoratifs qu’avaient faits les Romains, qui en recueille denouveaux, plus vrais, plus conséquents aux principes de cette structure,et qui sait les appliquer avec l’intelligence grecque. C’est un art, nonpoint il son déclin, mais au contraire rajeuni, pouvant fournir une longuecarrière, devenir le père de principes jusqu’alors inconnus. J’ai dit queles nestoriens, après la condamnation de leur chef, se réfugièrent enSyrie, en l’erse, en Egypte ; leur secte se répandit en Asie . Ils appor-tèrent avec eux les principes de la renaissance byzantine et des élémentsqui leur appartenaient, l’our eux, la Vierge n’était que la mère duChrist, et non la mère de Dieu . Ils voyaient dans Jésus-Christ deuxnatures, l’une divine, l’autre humaine; cette hérésie tendait, dans lesœuvres d’art, à honorer la Divinité, non point par la représentationvisible du corps qu’elle avait revêtu, mais par la représentation de sesœuvres. Les Arabes, qui s’emparèrent des arts importés par les nesto-riens, étendirent plus loin cette doctrine et prétendirent que les êtresanimés, quels qu’ils fussent, ne devaient point être figurés soit ensculpture, soit en peinture. L’art, ainsi circonscrit, doit chercher sadécoration dans la flore, les objets matériels ou les combinaisons géomé-triques. L’étude de la géométrie devint donc, chez les Arabes , le principalélément, non-seulement de la structure architectonique, mais encore desa parure. Ainsi l’art grec transporté par les nestoriens s’éloignaitautant que possible de l’art grec antique dans sa forme, comme il s’enéloignait par les principes.
L’Occident, commençant à cultiver les arts à dater de Charlemagne ,se trouvait donc en présence de trois principes dans lesquels il pouvaitpuiser. Il possédait chez lui les restes des arts romains, il empruntaittout ce qu’il pouvait aux arts byzantins et il subissait l'influence des artsarabes, suivant qu’il se trouvait plus ou moins en rapport avec l’Espagne ,la Syrie et les côtes de P Afrique.
i. ‘JS