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ENTRETIENS SUR I.’ARCHITECTURE.
dans les méthodes, dans le sentiment de l’effet, dans les rapports entre lesombres et les lumières. Mais il est inutile de s’étendre sur des sujets sidélicats et qui tiennent uniquement au goût, les artistes comprendront;des raisonnements ne prouveraient rien à ceux qui ne possèdent pas lesentiment de l’art. C’était vers le même temps que les clunisiens con-struisaient la nef de Vézelay dont nousavonsdonnéune travée, planche XI.Autant le roman de Saintonge est (in , délicat, autant celui de la Bour-gogne est robuste, rude même. A Saintes , les chapiteaux sont courts, àpeine développés, couverts de sculptures semblables à de l’orfèvrerie; lesprofils sont plats, composés d’un grand nombre de moulures, les orne-ments ne sont que des broderies, les proportions allongées, presque grêles.A Vézelay , au contraire, la construction est composée de grands mor-ceaux de pierre, les proportions sont trapues, les chapiteaux énormes, lar-gement évasés pour porter des arcs sans moulures ; les profils sont grands,simples de composition ; la sculpture énergique, puissante, sauvage encore,mais pleine de style : on reconnaît là un art qui sent sa force et qui veutdominer. L’école normande ne ressemble ni à l’une ni à l’autre de celles-ci; mais pour trouver de l’architecture normande de l’époque romanequin’ait point étédénaturée pendant les xn'ct xm'-siècles, il fautsortir deFrance , aller la chercher en Angleterre. C’est là où elle s’est développéeà la fin du \i e siècle. Les normands furent d’habiles constructeurs; ilsn’essayèrent qu’assez tard cependant de construire des voûtes d’unegrande portée, et lorsque déjà en Bourgogne et dans l’lle-de-I'nince onen faisait depuis longtemps. Sur les hautes nefs de leurs grandes églises,par exemple, jusqu’à la fin du xii' siècle, ils n’établirent que des char-pentes, mais ils donnèrent à leurs constructions verticales un caractèremonumental que l’on ne retrouve pas ailleurs. Doués d’un esprit subtilet positif quoique porté aux vastes entreprises, les Normands imprimè-rent un cachet particulier à leurs monuments. 11 est facile de constaterce fait dans les parties primitives des églises de la Trinité et de Saint-Étienne de Caen, dans les restes des églises de Saint-Wandrille et deJumiéges, et particulièrement dans les monuments élevés de l’autre côtédu détroit. Le transsept de la cathédrale de Peterborough, par exemple,bâti vers le milieu du xif siècle, exprime parfaitement ce qu’est le stylenormand à l’époque de sa splendeur, planche X111. Précision dans l’appa-reil, exécution soignée, mais absence de sculpture ; construction raison-née, savante, sentiment fin des proportions, profils peu variés mais bientracés pour la place qu’ils occupent, recherche des grands effets déco-ratifs. Notre planche XIII indique du côté droit le système de la cons-truction employé : les murs sont pleins dans la partie inférieure, décorés