HLITIEME ENTRETIEN.
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lendemain. J’examine les édifices au xvi- siècle, époque où l’art del’architecture avait atteint les limites de l’exécution matérielle, où lasociété se transformait et tendait à briser les dernières entraves de laféodalité cléricale et séculière, où l’étude de l’antiquité devenait atten-tive, sérieuse et suivie. Mais d’abord nous devons combattre un préjugé(à chaque pas nous en trouvons, lorsqu’il s’agit de l’histoire et de lapratique de notre art) : on a dit et répété bien des fois que les architectesfrançais de la Renaissance s’étaient inspirés, au commencement duxvr siècle, des arts de la Renaissance italienne; on a même été jusqu’àprétendre que beaucoup de nos édifices de cette époque avaient étéconstruits par des Italiens. Cette dernière opinion, qui d’ailleurs nes’appuyait sur aucune preuve, a été victorieusement combattue de nosjours '. Quant à la première, il suffît de regarder nos édifices duxvi- siècle pour reconnaître que l’art français , à cette époque, n’avaitpoint été chercher ses modèles en Italie , car ces édifices ne sont italiensni par les dispositions des plans, ni par le style, ni par les procédés deconstruction. D'ailleurs on s’abuserait étrangement si on 11 e faisaitremonter la Renaissance française qu’au règne de Louis XII ; elle semanifestait dès avant 1450, et elle se manifestait d’une manière toutefrançaise. Je ne me rends pas exactement compte des motifs qui nouspoussent à croire que nos arts nous viennent de l’étranger. Il est encoredes provinces en France où tous les monuments gothiques sont, dit-on,bâtis par les Anglais ; longtemps on a regardé la cathédrale de Cologne ,qui est une imitation de celles d’Amiens et de Beauvais et qui leur estpostérieure de près de cinquante ans, comme le prototype de l’artgothique ; enfin, le château de Chambord , certaines parties de ceuxdu Louvre et de Fontainebleau étaient dus, prétendait-on, à desartistes italiens; c’est tout au plus si on nous permet de posséder un artà nous sous Louis XIV , c’est-à-dire précisément au moment où nouscommençons à perdre notre originalité. « Mais quoi ? » disait Philibertde l’Orme aux gens de son temps, « les singularitez de son propre païs« et royaume sont toujours moins prisées, principalement en France ,« que celles des estrangers. Je crov certainement qu’il ne se trouvera« royaume ne païs, quel qui soit, mieux meublé et garny de diversité« de pierres pour bastiments, que cestuy-cy. De sorte que nature y a« si bien pourveu qu’il me semble qu’on ne sauroit trouver nation qui« ait plus beau moien de bastir que les François. Mais la pluspart d’eux