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Tome premier.
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372 ENTRETIENS SUR L’ARCHITECTURE,

appliquer les ordres antiques à leur architecture, les premiers archi-tectes de la Renaissance posaient des ordres les uns sur les autresautant qu’il y avait d’étages dans un bâtiment; ce mode peut êtreobservé dans les châteaux de Chambord, de Madrid , du Louvre,d’Ancy-le-Franc, de Tanlay, d’Anet, et dans beaucoup d’autres. Si cemode était raisonné, logique, il avait l’inconvénient de donner auxédifices, quels qu’ils fussent, un aspect monotone, mesquin. Ces ordressuperposés, qu’ils fussent très-riches ou très-simples, divisaient lesbâtiments comme un échiquier ; formaient, à distance, un assemblagede lignes horizontales (les entablements) et de lignes verticales (lespilastres ou colonnes) qui fatiguaient les yeux par leur uniformité,surtout dans un pays comme le nôtre, où l’on aime avant tout la variétéet l’imprévu.

Philibert de l’Orme avait déjà voulu éviter cet écueil dans la compo-sition du palais des Tuileries ; il n’avait qu’un ordre inférieur, surmontéd’un étage découpé, formant comme un haut couronnement sur l’ordon-nance du rez-de-chaussée ; encore avait-il essayé même de donner àson ordre inférieur une physionomie particulière, rompant les lignesverticales des pilastres et colonnes par des tambours très-franchementaccusés. Une tentative du même genre avait été faite primitivement (etavant les superpositions d’étages de Henri IV ) à la galerie d’Apollon età la galerie en retour d’équerre sur le quai du Louvre. Mais ce n’étaitlà qu’un moyen ingénieux de dissimuler la froideur et l’uniformité deces lignes verticales et horizontales divisant les façades en compartimentségaux ; ce n’était pas un principe nouveau. On demeure convaincu, sil’on examine les monuments élevés pendant la secondé moitié duxvf siècle, que les architectes cherchaient de nouvelles combinaisons,qu’ils sentaient le besoin de donner un aspect de grandeur à leursédifices, en supprimant, pour l’œil, les divisions imposées par les hau-teurs d’étages. Jean Bullant avait déjà tenté, dans certaines parties duchâteau d’Écouen , de s’affranchir des ordonnances d’architecturedisposées suivant les étages. 11 avait élevé, dans la cour de cetterésidence, une sorte de placage corinthien qui comprend toute la hau-teur de l’édifice. Toutefois, si remarquable que soit cet ordre, commeexécution, ce n’est qu’une étude, qu’un hors-d’œuvre, qu’un morceaud'architecture, n’ayant, avec ce qui l’environne et ce qu’il précède,aucune corrélation.

Nous trouvons, dans les anciens bâtiments dépendant du château deChantilly , un désir bien évident de donner de la grandeur à uneordonnance d’architecture en faisant passer un ordre de pilastres