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Tome premier.
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HUITIÈME ENTRETIEN. 371

« rents logements, et fatiguoit extrêmement l’artiste italien . Le cavalier« n’entendoit rien et ne vouloit rien entendre à tous ces détails, s’imagi-« nant qu’il était indigne d’un grand architecte comme lui de descendre« dans ces minuties. »

C’est parler d’or ; mais quand on examine les dessins de Perrault etla partie de son projet qui fut exécutée, on peut se demander si lesexcellentes raisons opposées aux projets du Bernin n’eussent pas étéégalement valables contre l’œuvre de Perrault . Par le fait, si le droitsens et l’esprit de Colbert, si les mémoires et les intrigues de CharlesPerrault nous ont heureusement privés du Louvre du Bernin, qui n’eûtrien laissé subsister de celui de Henri II , il ne demeure pas moinscertain que l’architecture du médecin Perrault n’était pas faite pour seconformer au programme d’une habitation royale. C’était une affaired’ordres, de colonnades, de péristyles, non la recherche d’une belledisposition générale d’un palais. Le roi, fatigué de ces tiraillements,choisit le dessin de Perrault , parce qu’il lui parut « plus beau et plus« majestueux, » nullement parce qu’il le trouva ou put le trouver plussensé. « L’envie des maîtres du métier à Paris , ajoute le premier« commis des bâtiments ne manqua pas de s’élever contre cette ré-« solution, et de faire de mauvaises plaisanteries, en disant que l’ar-« chitecture devoit être bien malade, puisqu’on la mettoit entre les« mains des médecins. » Les maîtres du métier ne croyaient pas si biendire. Cependant l’art de l’architecture avait chez nous une vie robuste;la raison, le bon sens trouvaient moyen de se faire jour malgré cettemanie des formules d’art que l’on prenait pour l’art lui-même. La fin duxvif et le xviiè siècle nous ont laissé des œuvres d’architecture fortremarquables, dans lesquelles nous trouvons de la grandeur, des dispo-sitions bien conçues et une certaine élégance sobre qui nous est devenueun peu trop étrangère depuis quelques années.

Dès qu’on laisse au second plan, dans les arts, les enseignements sainsde la raison, la source pure qui découle du vrai, pour mettre en premièreligne des formules, on arrive rapidement à la décadence. La Renaissance,à son origine, n’avait modifié les dispositions générales de ses plans et deses élévations qu’autant que le réclamaient des habitudes nouvelles;elle restait fidèle aux procédés de composition adoptés par les architectesdu moyen âge; elle innovait en appliquant sur ses bâtiments publics ouprivés une décoration empruntée aux arts de l’antiquité et de l’Italie duxv c siècle ; le fond appartenait encore à l’architecture française dessiècles précédents. Ainsi, par exemple, dans les édifices, les différentsétages étaient toujours accusés par une ordonnance particulière. Voulant