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Tome premier.
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376 EKTRËTIEKS SUlt L* A RC UITECTU RE.

Invalides, par exemple ; mais ce sont là des exceptions, et nous voyonsque, jusqu’à la fin du dernier siècle, l’ordre colossal ne cesse de régner.Le Garde-Meuble, l’Hôtel des Monnaies, à Paris , conservent encorel’ordre colossal, et ces derniers exemples de l’emploi de ce mode nesont pas les moins bons. Après tout on avait changé l’uniformité dansle petit de la Renaissance contre l’uniformité dans le grand. Il n’yaurait pas de mal à cela, si le mode colossal n’avait pas l’inconvénientd’être hors d’échelle avec toute chose, et de se prêter peu aux conve-nances.

A mon avis, deux ou trois rangs de fenêtres superposées comprisesentre des pilastres ou des colonnes de douze ou quinze mètres de hau-teur font une assez triste figure ; il semble toujours que ces monumentsbâtis par des géants ont été habités par des nains. C’est l’elfet queproduisent certains monuments antiques appropriés par les modernes,comme le temple d’Antonin le Pieux entre les colonnes duquel,à Rome ,on a bâti les étages de la douane. Ce défaut d’harmonie entre le moded’architecture et les convenances a si bien tourmenté les architectes desdernièrs siècles que ceux-ci ont été peu à peu entraînés à chercher desrapports de proportion entre les fenêtres, par exemple, et ces ordres co-lossals, qu’ils sont arrivés à faire ces fenêtres colossales aussi, quitte àles couper par des planchers et des cloisons à moitié de leur hauteur etde leur largeur. Si les passants sont satisfaits dans ce dernier cas enexaminant ces façades majestueuses, les habitants qui sont derrière nele sont guère et maudissent l’architecture et les architectes. Voilà cepen-dant où conduit l’oubli des principes vrais. Eh bien,quelles qu’aient été leserreurs et les exagérations de l’art du moyen âge arrivé à son déclin,jamais il n’a été ainsi en complet désaccord avec les habitudes. Dans lesmonuments gothiques du xv* siècle les plus chargés de tailles, d’orne-ments, de combinaisons de surfaces prismatiques, de profils et de dé-coupures, on trouve toujours l’observation rigoureuse du programmedonné : des convenances des habitants si c’est un hôtel ; du public, sic’est une maison de ville ou un hospice. Les premiers architectes de laRenaissance en adoptant une nouvelle forme, sans d’ailleurs examinersi cette forme avait quelques rapports avec notre civilisation et nos ha-bitudes modernes, ont cru qu’il ne s’agissait que de changer un vieuxvêtement usé contre un habillement neuf et élégant, que là-dessous lecorps et l’âme conserveraient toute leur liberté; ils l’ont cru, et, en effet,cela leur a réussi tout d’abord; mais bientôt le vêtement est devenu lachose principale, il a gêné le corps, partant l’esprit. 11 s’est formé à lalongue une compagnie priviligiée qui a fini par ne plus permettre qu’une