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Tome premier.
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HUITIÈME ENTRETIEN. 377

seule coupe d'habit, quel que fût le corps à vêtir; cela évitait la diffi-culté de chercher des combinaisons nouvelles, celle non moins granded’étudier les diverses formes adoptées dans les siècles antérieurs et d’yrecourir au besoin.

Mais si l’architecture se fourvoie en partant de piincipcsfaux, vers lafin du règne de Louis XIV , elle se fourvoie du moins avec grandeur.Les monuments de ce temps appartiennent à un peuple cpii possède unart puissant encore, ayant son caractère propre.

Si l’architecture extérieure indique une décadence imminente, si ellevise à l’effet majestueux à tout propos, si elle se met de plus en plus endésaccord avec les besoins de la société, du moins, lorsqu’il s’agit desdécorations intérieures, elle conserve plus longtemps une physionomievraie, exprimant souvent avec un rare bonheur les mœurs et les habi-tudes de cette société. Jusqu’à la fin du dernier siècle les intérieurs despalais, des monuments publics, des hôtels et châteaux, sont conçus etexécutés par des artistes qui ont conservé quelque chose des bonnestraditions de l’art; et il n’est personne qui, en entrant dans un salon dutemps de Louis XV , ne se trouve transporté au milieu de la société decette époque.

Il ptidt être permis de douter qu’il en sera de même dans cent anspour ceux qui verront l’intérieur de nos palais et de nos hôtels. 11 seradifficile de retrouver là l’empreinte de nos mœurs, de nos idées, de no-tre vie habituelle. Mais laissons nos arrière-neveux démêler, comme ilspourront, l’étrange confusion de nos arts modernes, expliquer ce luxede mauvais aloi, cette pauvreté d’invention cachée sous l’amas des do-rures et d’ornements pillés partout ; ce sera leur affaire, ce n’est pointla nôtre.

Au commencement du xvi e siècle, l’Italie était arrivée, dans la déco-ration intérieure des édifices publics ou privés, à un éclat singulier.La librairie de la cathédrale de Sienne , quelques intérieurs du palaisvieux de Florence, les stanze du Vatican , la villa Madama, la voûte dusanctuaire de Sainte-Marie du Peuple, la bibliothèque vaticane , la Far-nésine à Rome, quantité de palais de Venise, de Gênes , nous présententdes exemples de décorations intérieures dont la composition sage etl’exécution admirable ont été et seront un sujet inépuisable d’études;mais quel est le principe dont les artistes, auteurs de ces œuvres, ne sesont pas écartés? Le voici en deux mots : dans ces intérieurs, la formede l’architecture, de la structure, n’est jamais dissimulée, perdue sousla multiplicité, l’étendue, la dimension ou la richesse exagérée des dé-tails décoratifs. C’était une des traditions de l’antiquité qui jamais, quei. hl