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ment vrais, et ceux (jui prétendent faire dominer ces principes, fût-ce parla contrainte, mais sans jamais les développer, oublient que les artistesgrecs n’ont produit leurs chefs-d’œuvre cju’à l’ombre de la liberté, queles arts de Home n’ont cessé de décliner d’Auguste à Constantin .
On possède aujourd’hui des ressources immenses fournies par l’in-dustrie et la facilité des transports, et au lieu de se servir de ces moyenspour en tirer des formes propres à notre temps et à notre état civilisé,on s’efforce de dissimuler ces nouveaux matériaux sous une architectureempruntée à d’autres temps. On se plaint de ce que les artistes n’ont pasd’idées, et chacun prétend leur imposer la sienne. Les gens de sciencesont-ils appelés, ils donnent des avis sur les questions d’art, et un ingé-nieur des mines discutera sur la forme d’un chapiteau. Est-ce unadministrateur que l’on consulte sur les moyens financiers, il déclarene pas aimer les pilastres, ou ne vouloir des contre-forts à aucun prix,il préfère des murs pleins qui coûtent plus cher; quitte, lorsque lemonument sera élevé, à déclarer que l’architecte est inepte, que lesmurs plats ressemblent à une caserne et qu’il faut les décorer de colonnesengagées, qui sont des contre-forts.
11 y a une école d’architecture en France , mais il n’y a pas danscette école de cours d’architecture, ou du moins si par hasard ce coursest fait, il se borne à quelques idées générales sur une des phases decet art. Quant à la direction des travaux, à l’organisation des chan-tiers, à leur administration ; quant à l’histoire de notre civilisationfrançaise, à la comparaison des diverses architectures ou groupes d’ar-chitectures, à leurs rapports avec la civilisation, à leur développementou leur décadence, aux causes de ces développements ou chutes; quantà l’art de ménager les ressources en employant les matériaux propresaux localités, à l’application judicieuse de ces matériaux, aux formesqu’ils comporteraient ; quant à l’art d’expliquer un projet, de formuler sesidées par écrit, de les défendre par de bonnes raisons ; quant aux grandsprincipes libéraux qui, mis en lumière, doivent développer les espritsactifs et leur faire appliquer de nouvelles formes, il n’en est pas question.
Les amateurs ne peuvent acquérir un goût sûr ( en architecturesurtout, art de raisonnement) que par leur contact avec les artistes;mais pour former le goût des gens du monde influents en matièred’ai‘t, faut-il que les architectes soient en état de leur expliquer lesmotifs qui les entraînent vers tel ou tel parti ; pour faire admettre, pourdéfendre leurs conceptions, faut-il encore qu’elles soient défendables.Comment espérer que des architectes, accoutumés dès leur jeunesse àemployer des formes dont on ne leur a jamais expliqué le sens et la