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Tome premier.
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d’art,—se développe en raison de la liberté. L’art, qui est plus untravail de l’esprit qu’un labeur de la main, s’étiole dès que la compres-sion se fait sentir; élevé en serre chaude, il perd toute saveur, il cessede se développer et de produire.

Or, l’architecture se trouve aujourd’hui soumise à une sorte de gou-vernement intellectuel, plus étroit encore que n’était celui établi parLouis XIV ; ellen’apas fuit sa révolution de 1789. Isolée,peu connue, maldéfinie, elle a changé le joug des Lebrun, — joug qui du moins s’imposaitavec une sorte de grandeur et d’originalité,—contre un autre, vulgaire,étroit, ne tenant ni à l’esprit de notre temps, ni même à l’esprit de notrepays. On lui défend de prendre telle voie, mais on ne lui dit pas laquelleil faut choisir; on lui crie qu’elle ne sait où elle va, mais on lui cacheles lumières qui pourraient la diriger; on lui dit bien ce qu’il ne fautpas apprendre, mais on n’ose lui expliquer publiquement ce qu’onvoudrait seulement qu’elle 'sût. De la direction officielle, convaincue,tyrannique, mais au moins puissante des Lebrun, il ne lui reste plusque la servitude sous des maîtres aussi nombreux que peu autorisés.

L’architecture, ballottée entre le monde officiel, les amateurs, acadé-miciens, professeurs qui ne professent pas, archéologues, prôneurs de1’antiquité ou du moyen âge, gens de science, économistes et fantai-sistes, pour vivre, fait une concession à celui-ci, ne veut pas se brouilleravec celui-là, craint la persécution sourde des coteries, marche à tâtons,écoutant tous les avis, voyant partout des ennemis ou des envieux;et quand son œuvre est achevée, il se trouve qu’elle n’a contenté personne,et que toute la ville répète : « Pourquoi nos architectes ne nous font-ilspas de l’architecture de notre époque? Voilà encore un édifice qui neressemble à rien et qui n’est guère beau. »

On voudrait avoir une architecture de notre pays et de notre temps,et de toutes les architectures dont on permet l’étude à la jeunesse, l’ar-chitecture élevée sur notre sol est particulièrement exclue, proscritemême ; on veut une architecture de notre temps, et on envoie la jeu-nesse étudier, à la suite d’un enseignement insignifiant, des monumentsde l’ancienne Rome et de l’Attique, monuments dont l’étude ne peutêtre utile qu’appuyée sur une critique sévère, qu’après avoir acquis desconnaissances étendues.

Paraît-il un projet duquel surgiraient des idées neuves, il est soumisà l’examen de personnages qui sont, par conviction ou plutôt par défautde convictions, les ennemis de toute innovation et même de toute applica-tion nouvelle d’anciens modes. 11 est entendu que les arts de la Grèce sont des types éternellement beaux, et dont les principes sont éternelle-