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des travaux, dans la carrière d’architecte provincial. De là une surabon-dance d’artistes à Paris et une extrême pénurie dans les départements.
11 ne s’agit pas seulement, dans une école d’architecture, d’enseignerles principes de cet art (et on ne les enseigne pas à Paris ), mais dedévelopper chez les jeunes gens appelés à devenir architectes, le senti-ment de la responsabilité personnelle, et, par conséquent, la connais-sance du devoir, l’autorité bien établie sur l’étude de tous les métiersauxquels l’architecte a forcément recours. Par la nature un peu méri-dionale de notre tempérament, nous aimons assez à laisser la direction denotre personnalité à une autorité quelconque. Beaucoup de gens d’espriten France , capables d’ailleurs, reculent devant les charges qu’impose laresponsabilité personnelle; c’est ce qui fait que nous avons toujoursd’excellents soldats, c’est ce qui fait le succès de ces établissements reli-gieux que nos mœurs, notre législation et notre état social semblaientavoir abolis à tout jamais. Nous avons cependant assez de sang septen-trional dans les veines pour lutter contre cette disposition contraire àtout progrès intellectuel, et qui, si elle arrivait à dominer, nous condui-rait bientôt à la décadence.
11 semblerait que l’enseignement de l’architecture ne devrait pas seborner à envoyer tous les ans, au mois de septembre, un architecte offi-ciellement déclaré capable, mais plutôt de répandre l’instruction et lesentiment des devoirs qu’impose la carrière de l’architecture, chez lesjeunes gens qui peuvent rendre des services à l’Etat et aux particuliers,de leur donner une connaissance exacte des intérêts qu’ils auront à sau-vegarder, tout en maintenant la dignité de l’art.
Oue penserait-on d’une école militaire organisée de telle façon qu’ellene formerait que des maréchaux de France et qui laisserait au hasard lesoin de faire des capitaines et des lieutenants ?
Si nous voyons peu à peu la province se dépeupler d’architectes capa-bles, cela découle en grande partie du système adopté par l’École desbeaux-arts ; système qui consiste à établir tous les ans un lauréat à lavilla Medici, mais qui ne prend nui souci de former un corps d’artistesutiles, ayant connaissance de leurs devoirs et des détails infinis qu’exigela pratique de. leur état. Voulons-nous sérieusement avoir une architec-ture? Faisons des architectes, c’est-à-dire des hommes pouvant appuyerleur indépendance, nécessaire aux intérêts de l’art comme à ceux desparticuliers et de l’État, sur des connaissances très-complètes et très-libérales. S’il est reconnu que l’École est et sera toujours impuissante àformer de tels hommes au milieu de la société actuelle ; si les questionsde personnes doivent toujours, dans le domaine de l’art, l’emporter sur