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Tome premier.
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392 EYniii'ïiJijNs sua u’ architecture.

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doit occuper. Les anciens, les artistes du moyen âge et de la Renais-sance se préoccupaient évidemment de ces effets ; c’est de notre tempsque l’on a vu des architectes monter, à l’exposition du nord, des façadescouvertes de détails délicats, peu saillants, que jamais le soleil ne con-sent à accuser et qui sont, par conséquent, peine et argent perdu. On aindiqué, dans les premiers de ces entretiens, comment les Grecs savaientcompter avec la lumière, et avec quelle délicatesse ils profitaient desombres. Les artistes du moyen âge n’ont pas été moins habiles qu’euxpour disposer les saillies des profils, les reliefs de la sculpture, en raisonde la direction de la lumière. 11 faut bien le reconnaître, ces délicatessessont rarement comprises de nos jours, et jamais un architecte ne s’avisede répondre à qui lui demande de reproduire à l’exposition du nordtelle façade dont l’effet est saisissant parce qu’elle est exposée au midi :« L’orientation étant différente, l’effet qui vous a frappé ne peut êtreobtenu ici. » 11 ne répond rien du tout, la façade s’élève et l’amateur quien a demandé la reproduction est fort surpris de trouver une massegrise et monotone au lieu du jeu brillant d’ombres et de lumières quil’avait séduit. 11 prétend que l’architecte est un maladroit, qt il n’a pastout à fait tort.

Il ne peut suffire à l’architecte de dessiner et d’empiler des croquiset des rendus dans ses cartons; il faut encore qu’il raisonne en dessi-nant. S’il voit un édifice dont l’aspect le séduit, qu’il le relève avec soin,rien de mieux ; mais il est bon de se rendre compte des moyens desédne-tion ; car un charmant édifice situé en A sur une hauteur, entouréd’arbres ou de constructions peu élevées, se présentant au soleil sous telaspect, sera déplaisant en B dans un lieu plat, circonscrit par de hautesconstructions et sous une orientation différente. Les temples grecs sontorientés, les églises du moyen âge sont orientées, et s’il y a dans cetusage un motif religieux, il faut bien reconnaître (pie les artistes en ontlargement profité. Lorsqu’il s’agit des proportions, l’observation du lieuet de l’échelle est bien autrement importante encore. Dans l’antiquité,les édifices publics étaient relativement grands, si on les comparait auxmaisons ; de plus ils tenaient toujours à quelque chose, n’étaient pasindifféremment plantés; ils s’entouraient d’accessoires (pii faisaient va-loir leur dimension. 11 en était de même au moyen âge dans nos villes,les maisons étaient petites, et tout édifice destiné à un service religieuxou civil prenait une importance relative considérable. Dans ces condi-tions favorables, le monument mis en marge , pour ainsi dire, possédaitses proportions à lui, dont l’harmonie n’était pas dérangée par un en-tourage rival. Dans nos grandes villes, on ne tient pas compte de ces