412 ENTRETIENS SUR L’ARCHITECTURE,
deux de ces parties à droite et à gauche sur la base, nous aurons lespoints a, g, des pieds-droits. Du point b comme centre, prenant bl commerayon (2 parties), nous traçons l’arc hlm. Il nous reste, de a en h, troisparties, réunissant le point g au point h, la base ag ayant 4, la perpendi-culaire ah 3, l’hypoténuse gh aura 5, longueur égale à il. Dans cettearcade, nous avons donc unité de mesure, pluralité dans les parties,rapports et dissemblances; le rapport de 3 à 5, en architecture comme enmusique, est une harmonie : ah, 3; gh et il, 5. Prolongeons les lignes AB,À"/, ces lignes se rencontreront au point E, le triangle B/E est semblableau triangle AA'B. Etablissons la corniche supérieure au niveau E. Pro-longeant la ligne gh jusqu’à sa rencontre avec la verticale CB prolongée,nous obtenons le point O qui nous donnera le dessous du bandeau à lahauteur du plancher du premier étage. De plus, bn observera que ag est <\gh comme C g est à gO, et confine ah est à CO ; donc rapports de propor-tions entre les largeurs et les hauteurs. La hauteur P de l’appui tracée ;des points de rencontre RR'de cette horizontale PP' avec les côtés AEdu grand triangle AA" E, nous élèverons deux perpendiculaires quidonneront les jambages des fenêtres. Ainsi, les points A, B, R', E serontdes jalons indiquant à l’œil cette ligne AE, côté d’un triangle équilatéral;nous aurons établi une liaison et un rapport de proportions entre lesdeux étages; ils seront partie d’un tout; nous aurons unité d’ensemble,dissemblance de dimensions et rapports de proportions entre les parties.
Présentons encore un exemple d’ensemble dans des conditions défa-vorables. 11 s’agit d’élever une façade de château, composé d’un rez-de-chaussée avec premier étage seulement et lucarnes, grands combles etailes plus basses que le corps principal (fig. 12) ; divisant la longueur dela façade en 22 parties, nous en prenons 4 pour le pavillon central et 3pour chacune des deux ailes. En A, on voit comme il faudrait procéder ;ne pouvant évidemment donner un point de repère au sommet B du grandtriangle équilatéral, nous nous contentons alors de tracer un demi-cercledu pointa comme centre, en prenant ab comme rayon. En occupant lepointc, nous établirons encore un rapport entre la largeur totale et la hauteur.
Nous n’avons pas la prétention de donner ici des modèles, mais seu-lement d’expliquer une méthode dans un temps où toute méthode enarchitecture est mise de côté. Il est évident que l’application d’une mé-thode quelconque ne saurait suppléer au manque d’observation , desavoir et de goût. A côté de ces moyens mathématiques, l’artiste con-serve toujours et sa liberté et son individualité. D’ailleurs, dans l’exécu-tion, il se présente autant d’applications différentes qu’il y a d’exemples,et c’est en cela que la définition classique des ordres est si dangereuse: