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Tome premier.
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416 ENTRETIENS SLR L’ARCHITECTURE,

intérieur; et si la coupe d’un grand vaisseau peut être tracée, ainsiqu’on l’a vu plus haut, suivant une méthode de proportion monumen-tale, comme ensemble, parce qu’une coupe d’un vaisseau est ce qui toutd’abord frappe les yeux ; quand on en vient à l’étude des parties, la mé-thode bonne pour l’extérieur est mauvaise à l’intérieur. Ce n’est guère,d’ailleurs, que depuis la fin du \vi e siècle que les architectes, en Italie et en France , se sont avisés de placer dans les intérieurs de leurs édificesdes ordonnances d’architecture qui n’ont jamais été faites que pour lesextérieurs.

On a cru produire des effets surprenants par des contrastes forcéset on n’a fait qu’amoindrir en apparence les dimensions réelles. C’estainsi que l’intérieur de Saint-Pierre de Rome paraît petit au pre-mier abord, et que certaines de nos salles modernes garnies de colonneset d’entablements donnent l’envie de raser tous ces piliers superfluspour retrouver la forme et la dimension réelle du vaisseau. La lumièrejouant un rôle très-important dans l’architecture, il est évident qu’unentablement parfaitement conçu pour produire un certain effet à l’exté-rieur où la lumière vient d’en haut, en produira un tout autre là où on nepeut compter que sur un jour reflété. Le plus beau chapiteau corinthienqui s’écrit si bien et qui est si élégant en plein soleil, vu à distance, sous unangle lumineux de 40 ou 50 degrés, perd toute sa valeur s’il est éclairé dereflet et vu de bas en haut. Les Grecs n’ont pas ignoré ces lois naturelles,puisque nous voyons, par exemple, que les bas-reliefs placés à l’intérieurdu portique du Parthénon sont sculptés de manière à produire leureffet avec une lumière reflétée. Le chapiteau dorique grec était combinéde telle façon qu’il conservait toute sa valeur, soit qu’il fût éclairé dehaut, soit qu’il fût éclairé par reflet. D’ailleurs sa corbeille aplatie, d’unsi beau galbe, était souvent décorée d’ornements peints et présentait, parson inclinaison, une surface bien visible dans un intérieur. Mais j’ai peineà croire que les Grecs aient fait, avant la domination romaine, des cha-piteaux et des entablements corinthiens à l’intérieur d’une salle, qu’ilsaient appliqué (pour se renfermer dans les termes d’une formule) desmembres d’architecture là où ils devaient nécessairement se nuire et pro-duire de la confusion ou tout au moins se masquer les uns les autres.

Si le but que doit se proposer l’architecte, lorsqu’il conçoit l’ordon-nance architectonique d’une salle, est de faire paraître cette salle moinsétendue ou moins haute qu’elle ne l’est réellement, je conviens que l’onatteint exactement ce but aujourd’hui ; mais si c’est le contraire qui doitavoir lieu, il est bon de se rendre compte des moyens que fournit notreart pour grandir et non pour rapetisser.