Xül.VlKMJS JSM'KKTIKX. h 15
il y a donc grandement à tenir compte du point ou des points d’où il serapossible de le voir, des diminutions produites par les hauteurs, les re-traites et les saillies. Mais comme l’architecte n’est pas le maître sou-vent de donner ces hauteurs, de disposer ces retraites, comme il lui faut,obéir à un programme, subir les exigences imposées par certainesappropriations, il doit chercher à rentrer dans des proportions heu-reuses en faisant deviner ce qu’on ne peut voir et ce qui doit exister,en usant d’artifice dans la façon de disposer les détails, afin de grandirce qui semblerait trop petit et de diminuer ce qui paraîtrait relative-ment trop grand. C’est alors que l’artiste de mérite use des ressourcesétendues que lui fournit l’art de l’architecture; nous entendons l’art etnon les formules.
Nous ne possédons que des données assez vagues sur les intérieursdes édifices des Grecs. Les habitations et monuments publics de Pom-peii, la plupart récents relativement à l’architecture de la Grande-Grèce , n’appartiennent qu’à une ville fort peu importante. Nous nepouvons nous former une idée des intérieurs des habitations ou des mo-numents d’Athènes autrement que par induction: mais on ne sauraitadmettre que les Grecs eussent employé dans les intérieurs les formesarchitectoniques convenables à l’extérieur. Dans un intérieur, le champest limité, il n’y a pas de reculée, lies saillies prennent alors un dévelop-pement considérable et sont autant d’obstacles qui empêchent le re-gard d’embrasser l’ensemble. Si les Romains ont placé des ordrescomplets dans des vaisseaux énormes, comme leurs salles de thermes,il ne paraît pas qu’ils en aient fait emploi dans des salles de dimensionsrestreintes. Les intérieurs des bains de Titus , du Palatin, de Pompeii,de la villa Adrienne, ne sont pas coupés par des corniches saillantes, pardes pilastres ou colonnes faisant obstacle ; la décoration ne consistequ’en stucs fins ornés de plates sculptures et de peintures. Il est fort àsupposer que les Grecs de l’Attique ne procédaient pas autrement, etquand ils ont placé des ordres dans des intérieurs des temples, comme auParthénon , par exemple, ils leur ont donné des dimensions très-ré-duites relativement aux ordres extérieurs.
En Perse, où les traditions d’une haute antiquité se sont conservées silongtemps, nous voyons que les intérieurs ne sont décorés que par despeintures, ou des faïences, ou des imbrications, ou des reliefs moulés,très-délicats, qui laissent aux salles leur forme entière et n’arrêtent pasexclusivement le regard. Lu système de proportion qui peut être bon,appliqué à une façade que l’on voit de loin et qui est éclairée par lalumière directe, ne saurait trouver son emploi dans la décoration d’un