.NEUVIEME ENTRETIEN.
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générales bonnes. La voûte, la chose supportée, reprend son impor-tance relativement à la chose qui porte. Plus de ces entablements quioccupent mal à propos les yeux; le regard, du sol à la clef de la voûte,embrasse un ensemble qui n’est interrompu nulle part et l'ornementationne l’empêche pas de comprendre la masse ; au contraire, ellel’explique.
Il est évident que nous sommes sensiblement éloignés dans cetexemple de l’architecture intérieure de nos salles du xvn e siècle, oùl’on voit des figures gigantesques, des vases et des guirlandes jetés surdes corniches menaçantes.
Mais ce retour des artistes de Byzance vers le sentiment délicat desproportions va plus loin. Du moment que les ordres avaient dû, commedans l’architecture romaine 1 , ne plus être qu’un membre accessoire,décoratif, qu’ils ne constituaient plus, par eux-mêmes, le monument; queleur proportion, par conséquent, n’était plus absolue, mais relative,cette proportion, en bonne logique, aurait dû être variable. Les Romains,en vrais barbares, qui se piquaient d’être amateurs, et qui prétendaientcontraindre un capitaine de vaisseau de remplacer à ses frais les chefs-d’œuvre de l’art grec transportés de Corinthe à Rome , si son bâtimentvenait à sombrer, eurent sans doute la prétention de conserver les ordresdans leur architecture si étrangère qu’elle fût à l’emploi de ce mode,parce qu’ils croyaient, en les conservant, faire preuve de goût ; ils sefaisaient plus grecs que les Grecs, comme les classiques de notre tempsse font plus antiques que les anciens.
Les Romains devaient nécessairement être classiques suivant l’accep-tion moderne, car rien 11e s’arrange mieux d’une direction administra-tive que le classicisme, comme nous l’entendons aujourd’hui, et rien11’est plus contraire à l’esprit administratif que la discussion.—Il y a lieude soupçonner les Grecs d’avoir été des administrateurs médiocres.—Les ordres, et surtout le plus riche parmi eux, l’ordre corinthien, furentdonc conservés par les Romains jusque dans les bas temps avec larigueur d’une loi; mais quand Rome architectonique se remit entre lesmains des Grecs, ceux-ci se gardèrent bien de conserver, dans l’archi-tecture romaine qu’ils acceptaient, les ordres dont eux-mêmes avaientles premiers trouvé les proportions. L’ordre dans l’architecture romaine11’ayant plus que la valeur d’un membre décoratif, ils le traitent commetel et lui font subir des transformations sans nombre, ou, pour parler
1 lt faul toujours remarquer que, lorsque nous parlons de l’architecture romaine, nousn’entendons que les édifices vraiment romains, et que nous laissons de côté les temples plusou moins dérivés de l'architecture grecque.
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