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Tome premier.
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NEUVIÈME ENTRETIEN. /loi

édifices construits sous l’Kmpire, ont élevé sur leurs chapiteaux desarcades qui affectent une forme nouvelle, très-recherchée, mais d’ungalbe indiquant un sentiment délicat des proportions. Tous les voya-geurs qui ont visité la mosquée d’Amrou s’accordent pour dire que l’effetde ces travées est saisissant ; que nulle part ils n’ont vu un grand por-tique d’une plus noble proportion, d’un aspect plus élégant. Le procédéde tracé de ces arcades est celui-ci : AB est la ligne de niveau des pointscentre, ABC le triangle égyptien. L’arc est tracé conformément au pro-cédé donné figure 15. Le point C, étant pris comme sommet du triangleéquilatéral DEC, la base de ce triangle donne le niveau du dessus dutailloir des chapiteaux. Le triangle égyptien donne les centres de l’arcet son diamètre par rapport à sa hauteur. Le triangle équilatéral donnela proportion générale de l’arcade au-dessus des chapiteaux.

Pour éviter la ligne molle qui serait produite par une verticale I’A,abaissée de la naissance A de la courbe, l’architecte a continué le tracéde l’arc en contre-bas du point A jusqu’au point C; il a obtenu ainsiun arrêt au-dessus du parailélipipède qui surmonte le chapiteau, arrêtqui, en exécution, donne une fermeté particulière à ces arcades. Voilàdes artistes grecs qui, bâtissant pour des vainqueurs avec des ruines demonuments qu’eux-mêmes avaient déjà élevés jadis pour d’autres maîtres,trouvent assez de sève dans leur génie, tant de fois abattu et humilié, poursonger encore à perfectionner l’art qu’ils ont entre les mains.

Les nestoriens, chassés de Byzance au v' siècle, émigrèrent, la plu-part en Perse , et là, s’emparant des arts qu’ils trouvèrent languissantssur le sol, n’abandonnant pas les traditions de la structure romaine, ilsélevèrent des monuments dans un style nouveau, en conservant les don-nées établies; monuments d’une extrême élégance, et dans lesquelsl’étude des proportions est poussée très-loin. Ces nestoriens furent lesseuls qui purent donner quelque teinture des arts aux tribus qui suivirentMahomet , lorsque celui-ci prépara la conquête de tout l’Orient. Lesraces sémitiques, les Arabes , n’ont aucune aptitude pour les arts, et cequ’on est convenu d’appeler l’architecture arabe n’est qu’un dérivé del’architecture des Perses modifiée par les Grecs, c’est-à-dire par lesnestoriens. On sait quel vif éclat jeta encore ce dernier jreflet du géniegrec. Je le répète ici à dessein, le génie grec n’invente pas ; dans l’ordreintellectuel, il coordonne, il établit des rapports, il tire des consé-quences, il pousse l’art de raisonner aux dernières limites; dans l’ordrematériel, il sait de même donner à la forme qu’il trouve sous sa mainl’expression la plus vraie et la plus belle., il l’assouplit sans en changerle principe; jamais il ne crée de monstres; dans les produits de