DIXIEME ENTRETIEN.
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signification, mais aussi la variole ' par la nature diverse des
besoins à satisfaire , — c’est à ce point de la composition architectoniqueoù l'intelligence de l’artiste se développe. Quand les conditions du pro-gramme ont été satisfaites, quand le système de structure a été adopté ;quand, dans les procédés, on a su apporter un raisonnement sûr, defaçon à ne faire ni trop ni trop peu, à donner à toute matière la fonction,l’apparence ou, si l’on veut, la forme qui conviennent à ses propriétéset à son emploi, il faut chercher et trouver ces principes d’unité etd’harmonie qui doivent dominer toute œuvre d’art, ("est là l’écueilsur lequel ont échoué presque tous les architectes depuis le xvi° siècle:ou bien ils ont sacrifié les besoins, l’emploi judicieux des matériaux àune forme harmonique sans raison, ou ils n’ont su donner une appa-rence d’unité, de conception une à leurs édilices, en satisfaisant au pro-gramme et en employant judicieusement la matière. Mais il faut le dire,le premier de ces défauts est, depuis celle époque, le plus fréquent etcelui contre lequel on est le moins en garde. L’architecture de la findu xyu° siècle, vantée outre mesure, et qui est encore au fond la maîtressedans le domaine des arts, nous fournit les exemples les plus exagérés dece déplorable système. Dans aucun pays et dans aucun temps on n’apoussé le fanatisme, dirai-je, pour la symétrie, pour ce qui s’appelaitalors une ordonnance, aussi loin qu’on l’a fait sous le règne de Louis XIV .C’était la manie du souverain, et chacun s’y prêtait; il avait trouvé d’ail-leurs un homme, médiocre architecte, vaniteux, ayant usurpé le nomd’un artiste, et qui se prêtait à toutes ses fantaisies, llaltant à tout proposses goûts pour f uniformité fastueuse, y trouvant son compte et étouffantainsi les derniers vestiges d’originalité de notre architecture française '.
1 A ce propos, il est bon de citer une anecdote curieuse rapportée par Saint-Simon.Elle fera connaître en quoi consistait le goût de Louis XIV pour les œuvres d'architecture :
i .Il samusoit fort à ses butinions (le roi) ; il avoit aussi le compas dans l'œil
j pour la justesse, les proportions, la symétrie; mais le goût n'y répondoit pas, comme» on le verra plus tard, (le château (Trianon) ne faisoit presque que sortir de terre,» lorsque le roi s’aperçut d’un défaut à une croisée qui s’achevoitde former, dans la lon-
> gucur du rcz-do cliaussée. Louvois, qui naturellement étoit brutal et de plus gâté jus-
> qu’à souffrir difficilement d’être repris par son maître, disputa fort et ferme, et main-• tint que la croisée étoit bien. Le roi tourna le dos, et s’alla promener ailleurs dans le» bâtiment.
j Le lendemain il trouva Le Nôtre , bon architecte, mais fameux par le goût des jar-» diiis qu’il a commencé à introduire en France , et dont il a porté la perfection au plus
> haut point. Le roi lui demanda s’il avoit été à Trianon ; il répondit que non. Le roi lui
> expliqua ce qui l'avoit choqué, et lui dit d’y aller. Le lendemain même question, mêmet réponse; le jour d'après autant: le roi vit bien qu’il n’osoil s’exposera trouver qu il