Band 
Tome deuxième.
Seite
60
JPEG-Download
 

60

ENTRETIENS SIR L ARCHITECTURE.

tiens. A la place des quatre assises de pierre dure, en encorbellement,nous aurons une colonne en fonte d, inclinée à A5 degrés ; colonne dont lechapiteau muni d’un goujon comme la base B, portera le coussinet enpierre D, détaillé en 1)'. La bascule de la colonne et de son coussinet seramaintenue par la double chaîne de tirage T, qui sera ancrée, soit en e,soit dans l’épaisseur de la pile. Le sommier L, sera posé sur le coussinetet sur la pile munie d’un corbeau G ; sa rupture sera évitée par les deuxchaînes T, faisant l’office de linteaux. A partir de ce sommier on pourraprocéder comme dans la figure 1. Cependant, beaucoup de perfection-nements pourront être apportés à la première structure. Au lieu de jeterles eaux de la terrasse par des gargouilles, celles-ci seront amenées pardes conduites dans les déversoirs 11 (fig. '2), ménagés à l’extrémité dessommiers L, et détaillés en H'. Ces eaux tombant ainsi plus près du solne seront pas sujettes à fouetter les façades. Le plafond de la galeriepourra être fait au moyen de fers à doubles cornières sur les ailes des-quelles on poserait des [(laques en terre cuite émaillée avec enduit pré-servatif au-dessus, etc. Cet exemple fait voir déjà le parti que l’on peuttirer de nos jours des principes admis par les constructeurs du moyenâge, tout en tenant compte des ressources de notre temps. Si l’on étudieavec quelque attention et sans préventions les principes admis dans lesouvrages de maçonnerie du xm e et duxiv c siècle, on reconnaît bientôt quela structure ne se compose que de membres indépendants, remplissantchacun une fonction déterminée. Ce ne sont plus, comme dans l’archi-tecture romaine, des masses concrètes, homogènes, mais bien une sorted’organisme dont toutes les parties ont, non-seulement une affectation,mais encore une action directe, quelquefois même agissante, comme parexemple, les arcs-boutants, les arcs des voûtes. Ceux-ci (nous l’avons ditdéjà) ne sont que des cintres permanents, pourvus d’une certaine élasli-tieilé, comme le seraient des courbes de fer. Il est clair cependant que siles constructeurs du moyen âge avaient possédé de grandes pièces en ferétiré ou fondu, ils n’auraient pas employé ces matières comme ils ontemployé la [lierre. Cela eût exigé des assemblages trop compliqués, unemain-d’œuvre inutile, mais ils auraient cherché des dispositions mieuxen rapport avec la nature du métal. 11 est aussi évident, toutefois, qu’ilsn’auraient pas négligé de profiter des principes d’élasticité qu’ils avaientsu appliquer déjà dans les bâtisses de [lierre, qu’ils auraient rendu encoreplus indépendants les différents membres de leur structure.

Jusqu’à présent on n’a guère employé dans les grandes constructionsque la [lierre seule et le fer étiré ou la fonte accessoirement. Si l’on aélevé des édifices dans lesquels le métal remplit le rôle principal, comme