DOUZIEME ENTRETIEN.
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sc t ainsi réellement l’art de notre temps, je n’y vois qu’uu avantage pourle public, un honneur pour notre époque. Quelques tentatives laites en cesens n’ont pas donné d’ailleurs de si mauvais résultats, et la ville deParis n’a eu qu’à se féliciter d’avoir engagé un de ses architectes les plusrenommés à adopter, pour la construction des Halles centrales, les idéeset les projets d’ensemble d’un ingénieur. Parmi tant d’édifices construitstic nos jours, si celui-là remplit mieux qu’aucun autre les conditionsdu programme, s’il a réuni les suffrages du public et des hommes del’art, n’est-ce pas à ce concours simultané de deux intelligences qu’ondoit ce résultat? Quel danger, quel inconvénient pour l’art y aurait-ildonc à ce que l’architecte, ou l’ingénieur, possédassent en eux-mêmesces deux éléments séparés aujourd’hui? Et que pourraient sérieusementespérer les architectes en maintenant certaines doctrines absolues surl’art en dépit de ce que réclame notre époque? Quel avantage pourraientretirer les ingénieurs en se tenant en dehors des études libérales de l’artet en s’enfonçant de plus en plus dans des formules? Que dans une cin-quantaine d’années d’ici, les ingénieurs s’appellent architectes ou lesarchitectes ingénieurs, les deux carrières devant inévitablement s’absor-ber, m’est avis qu’on trouvera un peu puérile celte rivalité ou celtedistinction que l’on cherche à perpétuer entre ces deux branches de l’art,destinées par la force des choses à n’en faire qu’une seule. Je ne saislequel de nos confrères, il y a quelques années, croyait fermement avoirporté un coup funeste au corps des ingénieurs en ayant découvert queleur nom venait d ’enginèor (faiseur d’engins). A cette origine roturière,les ingénieurs auraient, il est vrai, pu opposer la nôtre qui n’est guèreplus noble.
Mais laissons, pour le moment, ces craintes, ces rivalités, vues par lepublic d’un œil assez indifférent, et remplissons notre tâche, en emprun-tant au besoin quelques-unes des méthodes admises par les ingénieurs,et en cherchant à les concilier avec l’art du constructeur architecte, enpoursuivant le cours des applications que l’on peut faire des moyens nou-veaux aux anciennes traditions de la maçonnerie. Car, je ne saurais trople répéter, pour nous, architectes du xix e siècle, le nouveau ne peut con-sister que dans l’emploi de moyens, inusités avant nous, à des formesdéjà trouvées, mais sans mentir à ces moyens. On ne s’est pas montretrop difficile d’ailleurs jusqu’à présent, puisque nous avons vu qualifierde nouveautés, des substitutions de matières sans changer les apparences.11 ne nous appartient pas de jeter un blâme sur ces tentatives, bien qu’ellesdussent rester stériles dans les. résultats, parce qu’elles ont, au total, attirél’attention du public et des architectes sur l’étude des propriétés de ces