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Tome deuxième.
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DOUZIEME ENTRETIEN.

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avec des éléments neufs qui se produisent en certains temps. La naturequi sait assez bien taire les choses, n’a pas elle-même procédé autrement.Lite n’oublie ou n’omet rien de son passé, mais elle ajoute et améliore.Du polype à l'homme, elle suit une marche non interrompue. Que dirait-on du naturaliste qui prétendrait supprimer tout un ordre d’êtres orga-nisés et rattacher le singe aux oiseaux, sous le prétexte que les mammi-fères d’un ordre inférieur ne méritent pas l’attention ; tpii soutiendraitque le reptile est un être plus parfait que le chat, parée qu’on peut faireune lésion grave au premier sans le tuer tandis que le second en mourra?

De ce que vous pourrez enlever un pilier à une construction concrètedes Romains sans faire tomber l’édiliec, et de ce que vous ne sauriezenlever un claveau à l’arc-boutant d’un vaisseau gothique sans’ leruiner, il ne s’ensuit pas que, dans l’ordre de la structure, le monumentgothique ne soit pas en progrès sur le monument romain. Cela prouve-rait plutôt ipie, dans ec dernier édifice, tous les organes sont nécessaires,indispensables, parlant que la structure est plus parfaite. L’homme quipasse pour être le plus parfait des êtres organisés est bien autrementsensible à toute lésion que ne le sont la plupart des mammifères, et lesbras ne lui repoussent pas comme les pattes aux écrevisses quand on lescoupe. La plus grande sensibilité et fragilité de l’organisme sont doncune des conditions du progrès dans l’ordre de la création ; il en est demême pour cette création de seconde main duc à l’homme et qu’on appellela construction. Plus l’homme soumet la matière inerte, plus il sait laplier à ses besoins, plus les organes (qu’on me passe le mot) de ses créa-tions doivent être essentiels, délicats, par conséquent fragiles. Le calcul,des lois nouvelles d’équilibre, de pondération, d’actions inverses, derésistances opposées, remplacent la masse immobile, stable par elle-même.

A la stabilité passive des constructions grecques, à la constructionconcrète des Romains, les maîtres du moyen âge ont substitué l’équi-libre, loi plus délicate, permettant des résultats plus étendus, plus variés,plus libres, ecs maîtres sont en progrès sur la structure grecque etromaine. Grâce à nos matériaux, à l’emploi du métal en grandes piècesdans les constructions, nous pouvons aller au delà des maîtres du moyenâge, mais ce ne peut être en ignorant ce qu’ils ont fait ; ce ne peut êtreen les imitant pas à pas, mais en parlant de l’échelon qu’ils ont franchipour monter plus haut sur l’échelle du progrès. Qu’on veuille présenterl’énoncé de ces principes comme des doctrines exclusives, ces accusa-tions retomberont sur ceux qui les ont formulées, j’en ai la ferme convic-tion, car elles ne peuvent retarder la marche du véritable progrès, et l'onfinira par le reconnaître.

ii.

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