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Tome deuxième.
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DOUZIEME ENTRETIEN.

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l'inconnu, par la transformation successive des méthodes admises. Cen’est pas par soubresauts que se produit le progrès, mais par une suiteîle transitions. Cherchons donc consciencieusement à préparer ces tran-sitions et, sans oublier jamais le passé, en nous appuyant sur lui, allonsplus loin.

C’est seulement à ce point de vue qu’il faut envisager les exemplesdonnés dans cet entretien. Je n’ai pas la vanité de croire ou de fairecroire que j’aie mis en lumière tout un système nouveau de structure,devant entraîner des formes nouvelles d’art. J’apporte un contingent, jen’ai d’autre prétention que de signaler des méthodes permettant l’appli-cation des moyens qui nous sont fournis. One chaque architecte, de soncôté, en fasse autant; tout en respectant l’art de l’antiquité, celui dumoyen âge, en les analysant surtout, nous verrons surgir cette architec-ture de notre temps dont le public réclame l’avénemcnt mais qu’il nesaurait nous donner, si de notre côté nous nous en tenons à recopier lesarts du passé, sans tenir compte d’ailleurs du milieu dans lequel ils scsont produits et des éléments qui les ont fait naître.

La série des exemples donnés dans cet entretien , fait entrevoir la mé-thode 'qui semblerait devoir être admise dans ces recherches. Noussommes partis de procédés connus, en les modifiant peu à peu ou plutôten y appliquant de nouveaux éléments. Nous allons essayer maintenantd’aborder plus franchement l’emploi des nouvelles matières et d’en dé-duire des formes générales de bâtisses dans des conditions nouvelles.

Obtenir le plus grand vide possible à l’aide des pleins les plus réduitsest certainement le problème posé par toutes les architectures, dès l’instantqu’il a fallu bâtir pour le public. La foule n’entrait pas dans les templesgrecs, et comme je l’ai dit quelque part déjà, les petites républiques de laGrèce n’assemblaient les citoyens que dans des enceintes en plein air.Si les Romains ont les premiers donné à leur strueluredes dispositions quipermettaient à un public nombreux de se réunir â couvert, les gens dumoyen âge ont suivi ce programme en cherchant â réduire autant quepossible les pleins. Les matériaux mis â leur disposition ne leur ont paspermis cependant de franchir une certaine limite, puisqu’ils prétendaientvoûter leurs grands édifices. Ne pouvant employer le fer forgé ou la fonteen grandes pièces, ce n’était qu’à l’aide de combinaisons d’appareil, d’unsystème d’équilibre des résistances et des poussées, qu’ils parvenaient âélever des vaisseaux tels que ceux de nos grandes cathédrales. Or nouspossédons ces moyens qui leur manquaient. Le fer nous permet des har-diesses à peine tentées, â la condition d’employer cette matière en raisonde scs qualités. Encore une fois, il ne s’agit pas d’élever des halles, des