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ENTRETIENS SUR L ARCHITECTURE.
Iraclions, dans les méthodes qu’ils employaient, ne s’en tenaient pas à cetteimitation. Sans recourir aux monuments, on peut avoir la preuve de celait dans les ouvrages que nous ont laissés plusieurs de ces maîtres telsqu’Albert Durer, Serlio, Philibert de l’Orme , etc. A chaque page deleurs œuvres on voit surgir une tentative, un fait nouveau, et commeleurs prédécesseurs, ils ne s’arrêtent que si la matière leur fait absolu-ment défaut. Avons-nous atteint ou même cherché cette limite aujour-d’hui ; je ne le crois pas. Nos ingénieurs, dans leurs grands travaux deponts, sont entrés résolument dans une nouvelle voie, mais nos archi-tectes n’ont fait qu’appliquer timidement les nouveaux moyens àdevieillesformes. Se dispensant de calculer, de chercher, de combiner, sous leprétexte que ces recherches, ces calculs et ces combinaisons sont con-traires aux formules qu’ils se sont posées, ils préfèrent vivre sur unpassé qui croule sous leurs pieds et qui les entraînera avec lui dans sachute finale. Au milieu d’une société où tout se transforme avec, une ra-pidité prodigieuse, eux seuls, comme s’ils étaient les prêtres d’un dogmesacré, nient le mouvement par leurs œuvres. La plupart, parmi les plusautorisés même, refusent de s’enquérir d’une partie considérable deces recherches du passé qui peuvent conduire à des découvertes nou-velles.
Kt cependant ce respect pour un prétendu dogme n’est, à tout prendre,qu’un amas de préjugés entretenus depuis deux siècles à peine au milieudu public. Le public qui se plaint sans cesse, de voir élever des édificesqui ne répondent ni à ses besoins ni à ses désirs, qui demande du nouveau,qui prétend qu’on le ruine pour élever ces édifices dont il ne conçoit pasla raison d’être, se pique parfois d’un faux goût classique.
Il est temps cependant de songer à l’avenir pour nous architectes, denous mettre sérieusement à chercher comme nos devanciers et de neplus voir dans le passé que des efforts dont nous devons profiler, quenous devons analyser pour atteindre au delà ; il est temps de songer àcette question principale de l’économie dans les bâtisses, si nous ne vou-lons pas voir bientôt ce public lassé de payer sans obtenir rien qui satis-fasse pleinement à ses besoins, s’adresser à des hommes indifférents enmatière d’art, mais constructeurs et calculateurs selon le temps.
Nous qui sommes arrivés au milieu de la carrière, il ne peut nousêtre donné de trouver ces formes d’un art neuf, mais nous devons, dansla mesure de nos forces, préparer le terrain, chercher à l’aide de toutesles méthodes anciennes, mais non de quelques-unes seulement à l’ex-clusion des autres, les applications en raison des matériaux cl des moyensdont nous disposons. Le progrès n’est jamais que le passage du connu à