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Tome deuxième.
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TREIZIÈME ENTRETIEN.

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Des conduits trancheront les murs; des pièces trop grandes seront divi-sées; des services nécessaires ne seront éclairés que par des jours desouffrance ou par des trémies disposées à travers les combles. Là dessalles qui doivent être spacieuses seront étranglées ; à côté on trouvera desespaces vagues, inutiles, obscurs, tristes, dans lesquels il faudra entre-tenir un luminaire en plein midi. Ici, la ventilation sera nulle, à côté, descourants d’air dangereux. Il faudra établir des tambours derrière lesportes et le bruit incessant des vantaux retombants sera un supplice pour

les habitants.J’en passe. ... Ne serait-ce donc pas à satisfaire à tous

les besoins si compliqués de notre civilisation qu’il faudrait songer, enconstruisant, plutôt que d’enchevêtrer des styles les uns dans les autres,plutôt que de prétendre élever des façades faisant point de vue pour lesbadauds, qui, d’ailleurs, ne les regardent pas parce qu’ils n’en com-prennent ni l’utilité ni le sens, et parce qu’ils prennent de l’humeuren pensant aux sommes qu’absorbent ces fantaisies architectoniques ?

Avec un peu de réflexion, qui ne croirait cependant qu’un des moyensde trouver cette architecture de notre temps serait de se soumettrerigoureusement à tous ces besoins dictés par les programmes? Cesbesoins étant, en bien des cas, nouveaux, leur scrupuleuse observationn’amènerait-elle pas à des conceptions nouvelles ? Ajoutons à ces pre-miers éléments ceux non moins impérieux fournis par la nature de maté-riaux que l’on n’employait pas autrefois et qui, eux aussi, commandentdes formes nouvelles, résultant de leurs propriétés. N’est-il pas possiblede tirer de ces conditions des conséquences logiques et par cela mêmesatisfaisantes pour la raison, cadrant avec nos mœurs, et n’offrant passans cesse le plus étrange contraste entre les habitudes et les édificesd’une nation? A voir et pratiquer la plupart de nos édifices publics, necroirait-on pas que la population de la France est placée sous la domina-tion de conquérants qui prétendent, en dépit de scs goûts et de sesbesoins, lui imposer une forme d’art étrangère à ses mœurs ? N’est-ee pasune singulière chose qu’un art s’imposant, comme s’imposerait unelangue sacrée sous un régime théoeratique, et cela ne rappelle-t-il pas unpeu la façon de parler latin des anciennes ol'fieialilés ou des parlements,avec la prétention d’exprimer en cette langue des idées, ou d’indiquerdes objets qui n’existaient pas sous l’empire des Césars? Sc figure-t-onun administrateur de chemin de fer parlant des actions, des obligations,du matériel du mouvement, de l’exploitation de la voie, des gares, destunnels, du ballast, des tranchées et remblais, des traverses et rails, deslocomotives et wagons, des aiguillages cl passages à niveau, en latin!Cela ne ferait-il pas un beau galimatias? Pourquoi donc ce qui paraîtrait