QUATORZIÈME ENTRETIEN.
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verncments, ni pour les gouvernés, et que les arts s’en trouveraient bien,notamment l’architecture.
Ces vérités paraissent si simples à plusieurs, qu’on se demande pour-quoi elles ne sont pas mises en pratique. Pourquoi? C’est qu’en toutceci, ce dont on se soucie le moins, c’est de l’art; ce qui domine, cesont les questions de personnes. Or, en art, comme en toute chose,quand on met les questions de personnes avant les questions de prin-cipes, on ne peut rien faire de sérieux ni de durable.
Il se présente, d’ailleurs, aujourd’hui, une situation nouvelle pourl’Académie des beaux-arts ; elle n’a plus de doctrine d’art; ce qu’ellecherche à faire prévaloir, ce n’est pas un principe, une orthodoxie, c’esttout simplement une domination intéressée. Tous ses efforts tendent,non à propager des doctrines bonnes ou mauvaises, mais à occuper laplace et à en éloigner ceux qui ne sont ni confrères, ni aspirants à la con-frérie, ni soumis. En cela, l’Académie des beaux-arts perd la traditiondes congrégations qui prétendent se perpétuer, et elle est piquée du verqui s’attache aux corps approchant de leur décomposition.
Quand les jurandes et maîtrises — dont l’origine, d’ailleurs, était toutedémocratique — furent plus préoccupées de maintenir leurs privilègesvieillis que d’élever leur industrie au niveau des connaissances dutemps, quand elles devinrent exclusives et voulurent éloigner les con-currents au lien de les surpasser, elles furent frappées de mort. Quand ilfut bien avéré que l’inquisition pour la foi, dont je parlais tout à l’heure,s’attachait surtout à accuser d’hérésie les gens riches, afin de confisquerleurs biens, les jours de sa puissance furent comptés.
1/histoire de la section d’architecture à l’Académie des beaux-arts ,depuis le manifeste qu’elle lança en 1SZ|6, sera instructive à plus d’untitre, quand le temps sera venu de la faire, qu’on pourra supputer cequ’elle colite et montrer comment, peu à peu, elle est arrivée à cette do-mination irresponsable en laissant aux grandes administrations le soucide couvrir et de défendre les bévues ou les fantaisies coûteuses de la plu-part de ses adeptes. En attendant, il est opportun, à notre avis, de sou-lever nn coin du voile interposé entre le public et cette organisationdigne de marcher de pair avec ce que le moyen âge sut établir de plussolide en ce genre.
La section d’architecture, à l’Académie des beaux-arts se composede huit membres, ce most pas trop : la section de peinture comprendquatorze membres; celle de sculpture, huit; total, trente membres. Or,les architectes étant souvent les dispensateurs de travaux de sculpture etde peinture, il s’établit tout naturellement une communauté d’intérêts entre