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Tome deuxième.
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ENTRETIENS SUR L ARCHITECTURE.

sculpture, un air de grandeur magistrale qu’il ne faut point dédaigner,dans un temps comme le nôtre, où l’on essaye de produire des effetsanalogues.

Le défaut principal de la décoration architectonique de l’Empire est dene savoir ménager les repos. Je m’explique: lorsque, comme dans l'ar-chitecture des beaux temps delà Grèce , l’ornementation n’occupe que desplaces bien définies, lorsque les membres de cette architecture sont siparfaitement étudiés, proportionnés, galbés, qu’eux-mêmes constituent laprincipale décoration ; lorsque, pour parler plus clairement, la structuredes formes architectoniques constitue la décoration, cette structure im-pose nécessairement des parties résistantes, solides qui relèguent l'orne-mentation sculptée sur les parties moins solides ou moins résistantes.Ainsi, dans le temple doricn, il est de tonte évidence que les seules partiespropres à recevoir de la sculpture ornementale ou de la statuaire sont lesmétopes, les frises et les tympans des pignons. Partout ailleurs, ce sont lesmembres eux-mêmes de la structure qui prennent une forme décorativeen raison de leur formation vraie. Mais si, à la place du chapiteau do-rien, qui indique parfaitement sa fonction de support, nous plaçons lechapiteau corinthien, c’est-à-dire un membre d’architecture qui, pourl’œil, perd sa qualité de support, qui paraît devoir être écrasé sous lacharge qu’il est destiné à porter, il faut nécessairement allégir en appa-rence ces membres portés; il faut décorer richement la frise, l’architravemême et la corniche. Bientôt cette partie supérieure refouillée ne sauraitse relier à des fûts unis, il faut canneler ceux-ci profondément ; et cesfûts eux-mêmes ont besoin de reposer sur une base qui corresponde àla richesse du chapiteau. Ce que nous disons pour un ordre s’étend bien-tôt à toutes les parties du monument. Dès que l’artiste place un orne-ment sur un membre d’architecture qui, par sa fonction, devrait surtoutconserver une apparence solide, il est bientôt entraîné à en mettre par-tout ; et à plus forte raison sur les surfaces unies dont la fonction de sup-port n’est pas déterminée nettement pour l’œil. Aussi n’est-ee que tardi-vement que les Grecs ont admis le chapiteau corinthien, et encore, aumoment de son apparition ne s’applique-t-il qu’à de très-petits édifices,tels par exemple que le monument choragique de Lysicrates. Le chapi-teau ionique, bien (pie riche comme ornementation, ne perd pas sa qua-lité de support pour l’œil, surtout aux époques primitives. Ses largesvolutes s’enroulent en dehors du diamètre du fût de la colonne qui seprolonge jusqu’au tailloir, elles ne masquent pas le support, elles ne fontque l’accompagner.

Une salle romaine, sa structure admise, peut être décorée extérieure-