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QUINZIÈME ENTRETIEN.
vérilnhlos compositeurs pusses ou présents ont su orner leurs œuvres. Lesin;iuv;uses tragédies classiques ont empêché bien des gens d’aller entendreles quelques chefs-d’œuvre des Corneille et des Racine. Et cependant,comme disait mon ami Sandeau : « Il est si facile de ne pas faire une tra-gédie en cinq actes et en vers ! » Il serait si facile de nous épargner cesponcifs de la décoration architectonique, qui ne sont demandés ni parles formes de la structure, ni par des traditions respectées. Que veulentdire ces attributs antiques, cette symbolique fanée sur un monument?Que signifient des masques grecs et des lyres sur les murs d’un théâtreoù l’on ne se sert ni de lyres, ni de masques tragiques ou comiques?Que veulent dire des trophées d’armes de Romains retouchés par Lebrunsur des palais à la porte desquels veillent des soldats armés de fusilsChassepot?... .Mais, à quoi bon insister ? tout cela est bien usé, n’inté-resse guère que les sculpteurs, et ne donne pas de valeur réelle à uneœuvre d’art. Combien peu d’architectes ont le courage de se soustraireà ees vulgarités décoratives plaquées qui, même à défaut de raison, neas honneur à la fertilité imaginative de leurs auteurs, et sont parfai-tement indifférentes au public. Mais aussi, quand un artiste trouve en luiassez d’idées et de raison pour échapper à cette contagion, ne saurait-ontrop le féliciter, le louer, le signaler à l’attention émoussée d’un publicsceptique, et pour cause (1). Si beaux que soient les matériaux employés,le mode décoratif (si fort en vogue aujourd’hui) rappelle les estampagesde plâtre ou les pâtes que l’on prodigue dans les constructions luxueuses...à bas prix... Qu’importe qu’un ornement soit taillé en pleine pierre s’ilressemble, à s’y méprendre, à un placage de carton-pâte? Et quel mé-rite y a-t-il à employer des matériaux admirables pour simuler une déco-ration que le premier cafetier venu peut faire clouer en plâtre sur safaçade? Le vrai luxe est celui qui, sous une apparence de simplicité,montre des élégances que l’on ne saurait imiter â l’aide de moyens gros-siers. C’est ce que, dans le monde, on appelle la distinction , une manièred’être sensée, discrète et simple, qui est l’apanage de quelques-uns, indé-pendamment de la richesse et du rang.
(1) quelques-uns de nos monuments, à Paris , échappent eu effet à cette vulgarité. Onpeut citer, entre autres, l’un des plus remarquables : la nouvelle partie du Palais de jus-tice dont la décoration tient .à la structure, l’appuie môme, et ne manque par cela mêmeni de grandeur ni d’originalité. I.a salle des Pas-Perdus, extérieurement et intérieure-ment, est un de ces monuments qui fera honneur .à notre temps. Là, tout se tient, tout estlié par une pensée claire. L’exécution, comme il arrive toujours, répond à la composition ;elle est belle et pure. On sent l’artiste, chose rare dans notre temps, qui respecte son artet le public.
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