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Tome deuxième.
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ENTRETIENS SI li I.’aRCMITECTCKE.

Un des charmes de la bonne architecture consiste dans un rapportintime entre la décoration intérieure et la décoration extérieure. Il fautque la décoration extérieure prépare le spectateur, lui fasse pressentir cequ’il va trouver en entrant dans l'édifice. Les surprises ne sont pas le faitde l'architecture. 11 faut encore que l’artiste, auteurd’un édifice, ne pro-mette pas, sur une façade extérieure par exemple, plus qu’il ne pourratenir. Si, sur cette façade, il a prodigué toutes les ressources décora-tives, que lui restera-t-il à montrer à l’intérieur? Sous ce rapport, lesOrientaux nous donnent encore un enseignement. Leurs édifices affec-tent extérieurement une grande simplicité relative, et c’est à mesure quel’on pénètre dans les parties intérieures que se développe la richesse, lesélégances. C’est, pourrait-on dire, une coquetterie de bon aloi et qui nemanque jamais de séduire. Us savent ménager les transitions, initier peuà peu le regard aux splendeurs dernières, de telle sorte qu’on n’aitjamais l’envie de retourner en arrière. En fait de décoration, rien n’estplus dangereux qu’uu préambule trop pompeux, qu’une promesse outre-cuidante. Cela rappelle trop le prologue ampoulé du poète. Tenir plusqu’on ne semble promettre est le véritable moyen de ménager et de sou-tenir l’attention de celui qui écoute ou qui regarde, mais faut-il que leprologue ait des rapports immédiats avec la suite du discours, qu’il enprépare et en fasse pressentir l’intérêt principal. Pour obtenir ce résultatdésirable, rien n’est tel que d’être vrai, c’est-à-dire de conformer ladécoration aux données d’un programme. Il est toujours, dans un édi-fice, comme il a été dit plus haut, un objet principal; or, cet objet prin-cipal ne saurait exister à l’extérieur, car je ne sache pas que l’on élève unmonument avec l’idée de n’en faire qu’un point de vue sur la voie pu-blique. Il faut donc ménager ses ressources de telle sorte que sur cetobjet principal se concentre l’intérêt, l’effet décoratif. Est-ce un palais?ce seront les salons de réception. Est-ce un théâtre? ce sera la salle et lesfoyers. Est-ce une église ! ce sera le sanctuaire. Un hôtel-de-ville? la ga-lerie des fêtes et solennité. Un palais de justice? les salles d’audience. Unchâteau? le lieu de réunion des invités. II faudra donc établir une grada-tion de l’extérieur à l’intérieur, et ne pas donner l’envie aux gens dedemeurer dans un vestibule ou sur un escalier. C’est faire un triste éloged’une œuvre d’architecture que de dire : « Les salons sont tristes oufroids d’aspect, mais l’escalier est magnifique. » Car peut-être ces piècesintérieures ne paraissent-elles être d’un aspect pieu agréable que parceque l’escalier a trop promis.

Il faut reconnaître que, dans la plupart de nos édifices modernes, leparti décoratif est pris au rebours. Les façades s’étalent splendides, cou-