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Tome deuxième.
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ENTRETIENS SUK L ARCHITECTURE.

Les statuaires et les peintres du moyen âge l’avaient bien comprisainsi, et ils nous ont laissé de nombreux exemples plastiques de cet an-tagonisme, aussi bien dans les monuments religieux que dans les mo-numents civils. Personnifier une vertu, une qualité et placer en opposi-tion le contraire de cette vertu ou de cette qualité est une idée au moinsingénieuse au point de vue de l’esthétique. C’est un motif de contrastesqui ne peut manquer d’attirer les yeux et d’occuper l’esprit; c’est deplus un élément de compositions plastiques. Il 11e s’agit pas d’avoir re-cours à l’allégorie et de montrer, par exemple, comme je le disais toutà l’heure, la personnification de l’Ordre écrasant la personnification del’Anarchie, ou de la Liberté piétinant le Despotisme. Mais je prévois lesobjections... Comment prétendrez-vous, sur nos édifices, établir ces cor-rélations de sujets? D’accord, cela est impossible avec l’architecture tellequ’on la conçoit en ces temps-ci; et c’est justement à cela (pie j’en vou-lais venir. Si l’on prétend appeler la statuaire sur une façade, 011 luiménage quelques tympans, quelques niches, quelques piédestaux qui sontévidemment des chevilles, [mis 011 dit à la troupe des élus : voilà vosplaces; il pourrait y en avoir moins, ou plus, ou pas du tout; car cellestatuaire 11e participe pas de l’édifice, elle ne constitue qu’une décorationsuperflue, un appoint de luxe. Entre le groupe qui est placé là sur unpiédestal près du sol, les statues juchées dans ces niches et le bas-relief(pii remplit un tympan, nous 11e songeons à établir par la pensée, le sujetet meme l’exécution, nuis rapports. Si ces œuvres signifient quelquechose, c’est chacune de son côté. L’iconographie générale n’existe pas,on ne s’en préoccupe pas. Ce sont des morceaux de sculpture, rien deplus; n’y cherchez pas autre chose. Cependant précisons.

De toutes les architectures connues qui ont appelé la statuaire commeappoint décoratif, il ressort trois systèmes différents entre eux, et il neparait guère possible d’en trouver un quatrième. Le premier, le plus an-cien, est celui adopté parles Egyptiens, et il est probable qu’ils n’en sontpas les inventeurs. Ce système consiste, comme on sait, à revêtir les nusd’une sorte de tapisserie continue représentant des sujets religieux, hé-roïques ou historiques, tapisserie qui ne modifie d’aucune manière leslignes principales de l’architecture; [mis à placer des figures colossalesdevant des piliers ou des pylônes, ou en manière d’ornements ; figuresqui participent essentiellement à l’architecture aussi bien par leur com-position que par la façon dont elles sont traitées. Là, la statuaire etl'architecture semblent pour ainsi dire poussées ensemble. On peut com-prendre dans les dérivés de ce système les monuments grecs, beaucoupmoins prodigues de statuaire monumentale que l’ont été les Égyptiens,