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d'étude autour d’eux, à ne plus compter avec les mandarinats ou lescongrégations, mais avec les capacités, d’où qu’elles sortent.
Nous, architectes, qu’avons-nous à taire? Allons-nous au milieu d’unpays ruiné, frémissant des hontes qui lui ont été infligées, désolé etcherchant une voie de salut, continuer les errements?... (J’allais dire dusiècle passé, tant une distance énorme nous sépare des premiers moisde celte année 1 S70\ Allons-nous, sans tenir compte de ce que nousconseillent les besoins présents, l’administration de la fortune publique,continuer à traduire en pierre les fantaisies les plus effrontées, narguerpar un luxe intempestif le deuil du pays, et nous faire les corn ’ ’e
cette fraction du publie qui n’envisage les malheurs d’hier que comme untemps d’arrêt momentané imposé à leur amour pour l’apparence, le fauxluxe, la vie oisive et facile?
Je sais qu’il se trouvera parmi nous de ces hommes qui abritent entous temps leur conscience derrière ces trois mots : « On me paye ! » —on paye aussi les proxénètes, — et qui se feront toujours les complaisantsdes esprits les plus faux, des vanités les [dus sottes, des prétentions lesmoins justifiées, cl qui, adroits autant que souples, sauront satisfaire auxprogrammes les plus insensés. .Mais je crois aussi qu’il se trouvera desarchitectes, — et ce sont les seuls dignes de ce titre, — qui voudrontréagir contre les mauvaises tendances du passé et prendre au sérieuxleurs fonctions. Vis-à-vis du client, l'architecte n’est pas un simpleexécuteur des idées, fantaisies et lubies de celui-ci. C’est encore, unconseil ; jamais le talent qu’il possède ne doit être prostitué à une idéefausse, ridicule, ou contraire aux véritables intérêts de son client. Jamaisce talent ne doit s’abaisser jusqu'à satisfaire à des exigences folles. Letalent a sa dignité, et si l’écrivain, homme d’honneur, ne prête [tassaplume pour exprimer des pensées malsaines ou qui lui paraissent erronées,je ne vois pas comment l'architecte peut, sans honte, employer la fortunede son client au détriment des intérêts qui lui sont confiés, fût-ce sur unordre exprès de celui qui pave.
J’entends dire de toutes parts, depuis la triste expérience que nousvenons de faire, que chacun doit s'occuper à relever le moral intellectueldu pays, depuis longtemps affaissé. Certes, c’est en grande partie à l’af-faissement du sens moral, à des complaisances honteuses pour ce qu’aufond la conscience réprouve, que nous devons nos malheurs. Si petit (piesoit le rôle de l’architecte dans celte réforme nécessaire, il doit tenir à lerelever, et si tous ceux parmi nous qui Ont encore conservé l’amour dupays, qui ne mettent pas au-dessus de tout, le gain que peut produire uneaffaire, qui ont conservé quelque dignité de caractère, comprennent les