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Tome deuxième.
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milieu d’une société tjiii a vécu, qui a laissé dans chaque coin la (racede ses habitudes, de ses passions, de ses efforts.

On ne saurait nier qu’un des charmes les plus puissants des arts anciensest précisément de faire revivre le spectateur au sein des civilisationsqui les ont ’ ’ . Hou nombre d’œuvres d’arl nous attirent et nouslouchent profondément, parce quelles nous rappellent les circonstancesqui les ont fait éclore, et qu’en les examinant nous voyons, pour ainsi dire,déliier les générations qui les ont examinées curieusement avant nous.Supprimez, par impossible, ce charme, cl l'oeuvre, si belle qu’elle soit,perdra beaucoup de son attrait. C’est pour celle raison que les pastiches,si merveilleux qu’on les admette, ne produisent jamais qu’un effetmédiocre sur l’esprit, ne sauraient le toucher non plus que des mémoiresapocryphes. C’est pourquoi aussi, toute époque qui n’a pas la volonté,l’énergie suffisantes pour modeler somarehitcclurc sur ses mœurs, nelaissera qu’une trace fugitive dans l’histoire des arts. Se mettrait-ellel’esprit à la torture pour réaliser un assemblage des plus belles créationsantérieures, que son architecture pèsera moins dans la balance de l’avenirqu’une pauvre maison de bois de nos vieilles cités; et ce sera justice. Onne sait nul gré à un auteur qui manque d’imaginalion, s’il emprunte àson voisin des tirades toutes faites pour orner son récit; mais on luisaura gré d’être vrai et de raconter simplement ce qu’il a vu.

Ce qui séduit, à mon sens, dans les constructions privées de nosarchitectes français jusqu’au xvu* siècle, c’est que ces artistes n’ontjamais forcé leur nature. Ils ont naïvement, et par les moyens les plussimples, satisfait aux besoins de leur temps. .Mais pour être naïf et simpledans les arts, il faut être.fort et, au fond, toutes ces richesses d’emprunten honneur de notre temps, ces raftinemcnls d’éclectisme, cachent uneincurable faiblesse au moins, souvent une profonde ignorance.

Une des œuvres les plus intéressantes à étudier est le livre de Pierrele Muet (I). Cet architecte commence par montrer la maison du petitbourgeois à une seule fenêtre de lace; successivement il arrive aux petitshôtels, puis aux grands, tels que l’hôtel Davaux, bâti par lui rue Saintc-Avoye. Dans ees habitations, destinées aux fortunes les plus médiocres jus-qu’aux fortunes prineières, on retrouve l’empreinte fidèle des mœurs de cetemps. Une société tout entière, du bas en haut de l’échelle, se peint danscelle réunion ingénieuse de constructions. Tout cela se lient, chaqueexemple est à la place qu’il doit réellement occuper, et prend l’importance

I) Manière de bastir pour toutis sortes de personnes, par Pierre le Muet , architecteordinaire du roy et conducteur des dessins des fortifications de Sa Majeslé, Paris , 1681,In-folio en deux pallies.