DIX-SEPTIÈME ENTRETIEN. 271
dispositions d’architecture symétrique adoptées au xvn' siècle s’accordentavec cette simplicité de distributions.
Nos besoins sont évidemment plus tomplexes aujourd’hui; ils exigentdes dispositions plus détaillées, des dégagements et menus services plusnombreux ; par suite, demanderaient-ils un caractère d’architecture moinsgrandiose, moins simple, et se prêtent-ils difficilement aux compositionssymétriques.
Les ouvrages de le Muet et de Marot sont entre les mains de tous lesarchitectes; il est donc facile, sans qu’il soit besoin d’insister sur lesdispositions architectoniques des beaux hôtels du xvn' siècle, de se rendrecompte du style magistral adopté dans la construction de ces demeures.
Pour être appropriés à nos besoins actuels, les plans que nous venonsde donner devraient évidemment subir des modifications importantes.On ne pourrait admettre aujourd’hui qu’il fallût traverser un passage devoitures pour communiquer des cuisines à la salle à manger. On voudraitau moins deux salons, à rez-de-chaussée, des cabinets de toilette etgarde-robes près de chacune des chambres, quantité de services de détailsomis ici. La vie large des personnes appartenant à la haute classe destemps passés, s’est, pour ainsi dire, émiettée en une quantité de menusbesoins dont la satisfaction entière ne se prête pas à ces dispositionsgrandioses et faciles à saisir au premier aspect.
L’étataristocr, ' _ ‘'une société établit entre les maîtres et subordonnésdes rapports intimes et, pour ainsi dire, familiers, qui se perdent dansles sociétés démocratiques. L’architecture privée porte l’empreinte deces changements dans les mœurs. Lorsque les classes sont séparées,dans une société, par des distances impossibles à franchir, celles quioccupent les hauts échelons, bien certaines que ni le mérite personnel,ni l’intrigue, ni la violence ne pourront les en faire descendre, n’élèventpas entre elles et les classes inférieures des barrières inutiles, et même ils’établit bien vile, en raison du besoin de sociabilité, des rapports in-times du bas en haut de l’échelle.
Dans les châteaux, comme dans les hôtels, la vie du puissant était àdécouvert; on ne trouvait ni étrange ni mauvais que les familiers,fussent-ils d’une classe inférieure, eussent leurs entrées partout. C’étaitune existence en commun qui ne pouvait avoir d’inconvénients, parcequ’il n’y avait pas à craindre que les petits oubliassent jamais la distancesociale qui les séparait du maître.
11 n’en est pas ainsi dans une société démocratique; c’est alors parune série de barrières matérielles que le maître peut se soustraire auxvisées et empiétements des inférieurs. Ces modifications profondes dans