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ENTRETIENS SLR l’aUCIUTECTCRE .
les mœurs se traduisent, dans l'architecture privée, en une foule deprécautions de détail, prises en vue d’assurer l'indépendance du maître,de cacher sa vie intime aux regards de subordonnés qu’aucun lien moraln’attache à la famille; peu dévoués, s’ils ne sont hostiles ou envieux.
Il résulte de ces observations que l'architecture privée, dans unesociété aristocratique, affecte une largeur et une simplicité de dispositions,qui seraient intolérables dans une société démocratique, où chaqueservice doit être, matériellement, d’autant plus distinct ei défini que lesdroits sont égaux entre ceux qui commandent et ceux qui servent. Dansl'antiquité, l’esclave était considéré comme de la famille et le maîtrepouvait d’autant mieux l’admettre dans son intimité, que la loi le protégeaitde la façon la plus efficace. Bien qu’il n’y eût plus d’esclaves, légalementparlant, dans notre vieille société française, de (ait, les serviteursdépendaient, tellement du maître, ils devenaient si bien sa chose, quece maître en arrivait bientôt à considérer les domestiques attachés à samaison comme faisant partie de la famille, c’est-à-dire comme étantintéressés à la conservation de ce qu’on appelait, jusqu’au xvi e siècle, lamaisonnée.
La maison de ville, comme la maison de campagne, n’avaient à seprémunir que contre le dehors. A l’intérieur, tout était quasi en commun.
Les choses ne peuvent être ainsi dans une société où le serviteur estun étranger loué à la semaine, et qu’aucun autre lien que le salairen’attache à la famille auprès de laquelle il vit. Alors, non-seulement lamaison doit être murée, mais la vie de chacun des maîtres doit êtreignorée de ces étrangers mercenaires. Dans les hôtels des dernierssiècles on ne trouvait pas mauvais d’entendre parfois, à travers lesportes, les propos des valets qui se tenaient dans les antichambres oudans les cours; pas plus qu’on ne se choque aujourd’hui du babil desenfants qui jouent dans une pièce voisine. Mais aujourd’hui cela n’est etne peut être toléré. C’est ainsi que, quoi qu’on fasse, dans les sociétéshumaines, ce qu’on gagne d’un côté on le perd d’un antre. Kn ne jugeantles choses que d’une manière superficielle, nos anciens hôtels sembleraientappartenir à des mœurs démocratiques, les nôtres à des habitudesaristocratiques poussées à l’excès, puisque nous demandons que chaqueappartement soit une sorte de sanctuaire isolé, ' ' , soustrait à
tous les regards, au besoin. Ainsi les institutions démocratiques, qui sontfaites pour établir l’égalité entre les citoyens, à effacer les distinctionsde castes et de classes, atteignent un but diamétralement opposé en biendes points, et particulièrement dans les habitations de ceux que la fortunefavorise. Si l’on n’a plus à craindre la guerre des esclaves, on a devant