ENTRETIENS SlHt 1.'ARCHITECTURE.
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mépris des anciennes et saines traditions, comme si les traditions lesplus anciennes, et par conséquent les plus respectables aux yeux desgens qui croient au respect des traditions, n’étaient pas en contradictonflagrante avec ces prétendues lois, fort récentes au total. Il est de eeschoses et de ces idées chez nous que chacun, dans son for intérieur eten raisonnant un peu, reconnaît absurdes et fausses, mais sur lesquellespersonne n’ose porter la main. On attend cet acte d’énergie de sonvoisin. On suivra volontiers le mouvement, mais on se garderait bien dele provoquer. La symétrie est une de ces idées malheureuses auxquellesnous sacrifions, dans nos habitations, notre bien-être quelquefois, le bonsens et beaucoup d’argent toujours.
Ce serait aux architectes de mérite à profiter des occasions qui seprésentent pour commencer, lorsqu’ils rencontrent un client raisonnable.L’exemple serait bientôt suivi, car on reconnaîtrait bien vite tous lesavantages résultant de l’abandon de cette folie majestueuse. Plusieursont osé se soustraire aux lois de la symétrie dans la construction deshabitations de campagne, mais quand il s’agit d'hôtels en ville, la chose,paraît-il, présente plus de difficultés. C’est affaire de bon ton. On se croitobligé d’avoir un hôtel irréprochable au point de vue de la symétrie, enville, comme on se fait un cas de conscience de ne sortir qu’avec unchapeau rond et un vêtement de telle coupe.
La rude secousse que nous venons d’éprouver nous ramènera-t-elle àdes idées plus vraies et nous fera-t-elle abandonner des préjugés puérils?Je le souhaite plus que je ne l’espère. Il n’en faut pas moins tenterd’exposer les avantages qui résulteraient de l’abandon de ces préjugés,nuisibles à nos bourses et entièrement indépendants des questions d’art.L’art consiste précisément, en architecture, à savoir revêtir tout objetd’une forme appropriée à cet objet, non point à faire une boîte monumentalepour chercher, après coup, comment on pourra disposer les objets danscette boîte.
Tout client qui prétend se faire bâtir un hôtel donne son programme.S’il est inc ^ ” ’e satisfaire à cette première condition, c’est à l’architecteà pourvoir à son insuffisance ou à l’incertitude de sa pensée, en luiexposant ses besoins présumés et en dressant lui-même ce programme.Or, pour tout architecte digne de ce litre, un programme bien fait, clair,ne prêtant à aucune fausse interprétation, c’est la moitié du projet trouvée,*à une condition toutefois: c’est qu’il s’y soumettra de tous points, qu’ily satisfera pleinement, qu’il ne se contentera pas d’à peu près et necherchera pas à cacher l’inexécution de quelques conditions sousl’apparence séduisante d’une ordonnance d’architecture.