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ENTRETIENS SUR L ARCHITECTURE.
faudrait chercher, étudier, faire demain autrement que la veille, autre-ment que son voisin -, lutter contre l'esprit étroit et timide des clients,l’esprit de routine des entrepreneurs. On préfère suivre l’ornière.
Nous le savons cependant : l’ornière fait verser !
L’ignorance, l’infatuation qui en est la conséquence immédiate, chezceux qui ' ’ nient diriger le pays et auxquels le pays avait confié tout
pouvoir, nous ont précipités dans une série de misères et d’humiliationsdont on n’entrevoit pas la fin. Notre bel art français si raisonné, si vrai,si original, si bien empreint de nos mœurs et de notre génie, devra-t-il aussipérir entre les mains des incapables, et n’aurons-nous pas l’énergie de réa-gir, avant l’heure de la chute, contre le règne de l’impuissance routinière?Faudra-t-il (pie pièce à pièce nous voyions tomber notre honneur natio-nal, notre influence en Europe , notre valeur militaire, notre prépon-dérance dans le domaine des choses de l’intelligence, parce que nous n’au-rons pas su à temps sortir de l’apathie où nous a plongés la longuehabitude de ne pins raisonner et de croire que le sentiment remplacel’étude et l’observation ?
Nous faisons de l'architecture de sentiment, comme nous avons fait de
la politique de sentiment, la guerre de sentiment.I! faudrait songer à
faire intervenir en tout ceci la froide raison, le bon sens pratique, l’éludedes nécessités du temps, des perfectionnements fournis par l’industrie,des moyens économiques, des questions d’bvgiène et de salubrité.
Dans nos habitations, la plupart des dispositions de chauffage, cellesrelatives aux eaux, à l’éclairage par le gaz. sont prises après coup, lors-que la bâtisse est élevée. Alors on fait passer des tuyaux comme on peut,à travers les murs et planchers. Les fumistes qui établissent les conduitesde chaleur pour le service des calorifères, percent des trous et font destranchées sans se soucier trop de la solidité des constructions. Puis vien-nent les plombiers, les gaziers, qui s’arrangent comme ils peuvent. Quantà la ventilation des salles de réunion, on ne s’en préoccupe pas; aussin’est-il pas une saile à Paris oùl’on n’étouffe bientôt, un jour de réception,au milieu d’une atmosphère viciée par l’air chaud sortant des calorifères,par les lumières, l’absorption d’oxygène et le dégagement de gaz acidecarbonique. Cependant il serait plus important de songer à satisfaire à cesdétails que de peindre des plafonds on style équivoque et de poser deschambranles de cheminée et des panneaux plus ou moins bien imités surceux des petits appartements de Marie-Antoinette .
Puisque nos habitudes veulent que nous entassions dans nos salons plusde monde qu’ils n’en peuvent contenir, il faudrait penser à faire respirerces foules. Jadis, les appartements étaient très-spacieux, assez médiocre-