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ENTRETIENS SUR I. ARCHITECTURE.
invariablement, ces appartements se composent d’une antichambre, d’unsalon, d’une salle à manger, d’une cuisine avec office et de chambresà coucher avec ou sans cabinets de toilette. De cabinets d’étude ou detravail il n’en est jamais question. Tous ees locaux semblent destinésà des fonctionnaires qui passent leur journée hors de chez eux, dans lesbureaux ou offices auxquels ils doivent leur temps. Si un homme d’affaires,un avocat, un médecin, un notaire, un banquier, un architecte, uningénieur, un industriel loue un de ces logements, il est obligé de prendreune ou plusieurs des pièces que nous venons d’énumérer pour en faireson cabinet de travail, de consultation et les annexes. Rien n’est disposépour ces services qui viennent habituellement s’enchevêtrer dans lespièces réservées à la famille. De là une gêne et des inconvénientsjournaliers, qui rendent souvent l’existence de l’intérieur intolérable.Aussi le maître et la maîtresse de la maison n’ont-ilsqu’une préoccupation :celle de se soustraire le plus souvent possible à ces inconvénients et àcelle gène. Si les locaux occupés étaient disposés en raison des besoinsdes habitants, ceux-ci trouveraient plus de charme à rester chez eux.Or, ces dispositions spéciales ne peuvent être prises que dans desconstructions conçues pour l’objet, et la maison à location, telle que nousl’entendons, ne se prête pas à ces dispositions spéciales.
Si l’on conduisait un homme complètement étranger à nos usages,visiter tous nos appartements à loyer, cet homme demanderait évidemmentoù et quand les habitants de ces demeures se livrent au travail. lit defait, rien n’est prévu dans ces locaux pour satisfaire à cette nécessitéabsolue du travail pour le plus grand nombre cependant.
L’uniformité et la régulai ilé des voies nouvelles ont produit l'uniformitédes maisons, et, comme conséquence, l'uniformité des distributionsintérieures; et quand il faut trouver un local dans lequel il soit possiblede ménager un cabinet de travail, c’est encore dans les vieilles maisonsqu’on aura une chance de rencontrer le nécessaire.
Kn ces derniers temps, on a fait beaucoup pour le ciiadiu qui sepromène et vaque à ses affaires, mais on lui a rendu le chez lui impossible.Il y vit à l’étroit, et ne pouvant se livrer à aucun labeur, il prend sonintérieur en dégoût, passe le temps qu’il ne consacre pas aux occupationsde son étal, au cercle ou au café.
En rendant la maison privée accessible aux fortunes médiocres, lesarchitectes résoudraient une des questions posées par les nécessités denotre temps; lesquelles en soulèvent chaque jour dont la gravité est dede plus en plus apparente pour les esprits sérieux, mais aussi quel’enseignement officiel semble dédaigner de plus en plus.