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sans pénétrer dans la case; ou bien, composés d’un rez-de-chaussée ensolide maçonnerie sur lequel s'établit, en encorbellement, l’étage del'habitation, (pii consiste en une construction de charpente ou plutôt detroncs d’arbres superposes comme des assises et enchevêtrés aux angles.I.cs siècles s’écoulent, et ces constructions ne se modifient pas, parce<1 ue, dans ces contrées, le climat est autrement impérieux (pie ne pour-raient l’être des préjugés d’écoles. Il est à croire qu’Annibal vit, en pas-sant les cols des Alpes , des chalets pareils à ceux que l’on construitencore dans les gorges de ces montagnes. Là, du moins, la maison decampagne des environs de Paris, le cottage anglais ne pénétreront ja-mais, comme ils ont pu pénétrer sous des climats moins rudes, en dépitcependant des conditions locales. Ne voyons-nous pas des cottages àCannes , des pavillons à tourelles couvertes en ardoise dans la campagnede Marseille , des chalets (laits de planches, il est vrai, clouées sur desmurs en moellon) dans les environs de Paris ? Les bonnes gens qui habi-tent ces... fantaisies, y sont, il est vrai très-mal logés, grillent en été ougèlent à l’automne, payent des mémoires de réparations à chaque prin-temps, et n’ont d’autre satisfaction que celle d’avoir transporté la maisondes bords de la Seine à Marseille, celle des environs de Londres à Cannes ,et celle de la Suisse à Paris . Il faut bien croire (pic celte satisfaction leurlient lieu d’un bon, sain et confortable logis.
S’il est des conditions climatériques bonnes à observer dans les villes,à plus forte raison le sont-elles dans les campagnes, où les constructionsisolées sont tout particulièrement exposées aux intempéries; où les répa-rations sont difficiles et se font souvent attendre; où enfin, si votre logisdevient ' ’ ’ ' . vous n’avez pas la ressource extrême de vous réfu-
gier dans un hôtel garni. Kt cependant, il semble, depuis un certainnombre d’années, (pie l’on néglige absolument, en bien des occasions,les conditions premières d’une habitation des champs.
On croirait, à voir quelques-unes de ces habitations, qu'elles ne sontélevées que pour faire bon effet dans le paysage, et récréer les yeux despromeneurs, comme ces villages de carton, (pie les courtisans de l’impé-ratrice Catherine faisaient dresser sur son passage dans les steppes dela Russie . Quand le soleil est radieux, mais non trop cuisant ; quand lesnuits sont douces et tr s, quand il ne pleut ni ne vente, les chaletsde planches sur les bords de la Manche , les châteaux de carte dressés surles bords de la Méditerranée, les collages d’Arcachon , sont passable-ment agréables il habiter; mais survienne le chaleur, la tempête, le mis-tral ou la brume, on regrette profondément l’auberge de la ville voisine,laquelle cependant n’est point un palais.