ENTRETIENS SUR l’aRCIIITECTUHE.
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arrangements de détails adoptés en vue des besoins. Kn France , lorsqu’unparticulier est possédé delà fantaisie de construire sa maison des champsd’après ce qu’il croit être le style du moyen âge, son architecte ne trouverien de mieux que d’appliquer sur une façade — qui pourrait présenter telautre style — des ornements empruntés à quelque manoir du xv' siècle ; deposer symétriquement sur celte façade des baies plus ou moins gothiques;de monter des pignons aigus et d’ouvrir par-ci par-là quelques ogives.Tout cela est fort gênant, le plus souvent, et toujours ridicule. Ce ne sontpas des baies d’une certaine forme, des moulures ou même des pignonsaigus qui constituent les maisons du moyen âge, mais une liberté com-plète dans la disposition du plan et des arrangements ingénieux propresà rendre l’habitation appropriée aux usages de ses botes. Le seul avan-tage que l’on puisse tirer des modèles laissés par le moyen âge est dedonner une façon d’art à toute nécessité d’un programme, et de nejamais fausser l'architecture, pour soumettre certaines formes de con-vention à des nécessités étrangères à ces formes.
Lorsqu’on eut la fâcheuse idée en France d’adopter l'architecture, diteclassique, plus ou moins inspirée de l’art italien, pouvant, à la rigueur,convenir à de très-grandes habitations et que, par un esprit d’imitationmal entendu, on prétendit adapter ces formes aux habitations d’unordre inférieur, on perdit ainsi les traditions d’un art local, lesquellesn’étaient que la conséquence d’une longue expérience. Alors on sacrifiales formes vraies et simples commandées par l’usage et une longue pra-tique, à une apparence en complet désaccord avec les nécessités. On pré-tendit soumettre, par exemple, à des dispositions absolument symétriques,des parties d’un programme qui demandent une variélée infinie dans ladimension et la distribution des locaux, dans la manière de les éclairer,d’assurer les services, de les protéger soit contre l’ardeur du soleil, soitcontre le froid.
Le nombre des personnes, parmi celles qui font bâtir à la campagne etparmi les architectes, qui comprennent le véritable esprit de notre art dumoyen âge, est très-limité. Pour le grand nombre, l’architecture privéedu moyen âge est affaire de goût, d’ornementation bizarre, comme leserait le port d’un vêtement inusité. Dès lors ou comprend très-biencomment les gens qui tiennent â demeurer dans ce terme moyen,marque d’un bon esprit, qui ne veulent pas s 'afficher, en un mot, répu-gnent â se présenter en public sous le couvert de ce vêlement démodé,prétentieux et incommode. Si nous étions gens â étudier sérieusement lesquestions, — et je souhaite que ccttc envie nous vienne, — nos architectesauraient bien vite reconnu que l’art du moyen âge, ; , _ '' _ ’ â l’architec-