ENTRETIENS SI K L AKCHITECTl RE.
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On peut modifier, du jour nu lendemain, un système philosophique; iln’en est pas ainsi d’un art utile et intimement lié aux habitudes et auxmœurs, comme est l’art de l’architecture.
Une architecture n’est que la conséquence d’une longue suite de tradi-tions (pii ont uni les membres d’un peuple en une communauté d’intérèis,de sentiments nationaux. Ce n’est pas encore le cas pour l’Allemagne ; eten supposant que l’unilication du corps germanique soit un fait accompli,ceque la philosophie de l’histoire ne permet guère d’admettre, il faut queles Allemands attendent au moins deux ou trois siècles pour posséder unearchitecture qui soit bien réellement l’expression originale de leur civili-sation. Cela nous laisse un peu de répit. Mais à cette heure, il ne faut pascompter que l’Allemagne nous sera supérieure par la puissance, la sou-veraineté et l’originalité de ses arts et notamment de son architecture.
Mais si, à proprement parler, il n’y a pas aujourd'hui une architectureallemande, on trouve, dans les contrées qui composent l’Allemagne , desexpressions locales qui ont une valeur incontestable. La Bavière présentede bons exemples d’architecture privée. Il en est de même du Hanovre ,du Wurtemberg. Ce qui ne vise pas au monumental, dans ces contrées,retlète exactement les mœurs locales et les besoins des habitants. Lesmaisons, les petits établissements, tels qu’écoles, marchés, gares dechemins de fer, sont toujours des œuvres conçues avec économie, exécutéesavec soin et un sentiment pratique allié à une certaine grâce un peu âpre,qui ne manque pas de charme. Il en est de même des habitations privéesque l’on rencontre dans les campagnes. Rarement prétentieuses, cesbâtisses sont bien des demeures où rien n’a été sacrifié au luxe et aubesoin de paraître, mais où la vie intime des habitants laisse une em-preinte vive et originale. Cela est habituellement très-simplement, maisbien construit. De toutes les contrées germaniques, Vienne est certaine-ment le centre traditionnel d’art le plus apparent. Vienne a son Aca-démie, son École officielle; mais ce n’est point là ce qui lait la valeur descs artistes. C’est une instruction développée acquise par une élude appro-fondie des œuvres étrangères, italiennes, françaises et du nord-ouest del’Allemagne . Si cette instruction, relativement développée chez les archi-tectes de Vienne, n’a pas provoqué encore l’éclosion du style propreau xix e siècle et à l’Allemagne du sud, du moins leur a-t-elle permisd’élever des édifices remplissant parfaitement leur destination, sagementconçus, exécutés rapidement dans d’excellentes conditions, et d’un aspecttrès-satisfaisant. L’Opéra devienne, entre autres édifices, a pu être con-struit en moins de huit ans et n’a coûté (pie 8 000 000 francs. Celte vastesalle est aujourd'hui la meilleure et la plus complète de l’Kurope.