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Tome deuxième.
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VINGTIÈME ENTRETIEN.

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quelque quarante ans, de faire bâtir dans sa bonne ville de Munichdes édifices copiés ou passablement imités des architectures grecque,romaine, byzantine, italienne du moyen âge et du nord. Il présentaitainsi à ses sujets un spécimen de toutes les productions architecto-niques applicables et semblait leur dire : « Choisissez maintenant. » Cettetentative fut peu comprise â Munich ; car l’esprit du Germain n’est rienmoins qu’éclectique et les monuments du roi Louis, bâtis d’ailleurs pardes procédés économiques peu en rapport souvent avec le style d’architec-turc qu’ils prétendent reproduire, n’auront été qu’une sorte à'expositiond’objets d’art, un peu plus durable que ne sont ces sortes de solennités.

bien (jue l’Allemagne se soit prise d’un goût très-vif depuis quelquesannées pour les productions d’art de la Grèce , qu’elle ait manifesté laprétention de continuer la grande époque grecque, qu’elle se consi-dère comme le dernier et le seul rameau pur d’alliage de la soucheAryenne, et par conséquent appelée à dominer sur toute la terre plus encorepar son intelligence et son génie que par la force de ses armées, elle n’enest pas moins pénétrée jusqu’à la moelle des traditions du moyen âgeet aura de la peine à prendre en Europe la place qu’occupait Athènes dansl’antiquité.

Elle a et aura des hellénisants, mais si son génie peut être jusqu’à uncertain point comparé à celui des Macédoniens, et si les souverains de laPrusse ont quelques rapports avec les rois de Macédoine , elle se trom-perait si elle croyait jamais prendre la première place dans le domaine desarts. L’instinct de l’indépendance intellectuelle manque à l’Allemand , etil n’y a pas de développement d’art sans cette qualité. L’architecturetudesque du moyen âge, si savante qu’elle paraisse parfois, pèche par lasécheresse et la monotonie, avec une grande prétention aux effets. D’ail-leurs cette architecture n’est, à son principe, qu’une imitation de notrevieil art français du commencement du xm e siècle, faite par des gens quin’en comprennent pas les principes dominants ; et la preuve, c’est qu’ils neles suivent pas et se jettent dans les formules scientifiques, suppléant ainsià un sentiment d’art qui leur manque.

L’architecte allemand est donc placé dans des conditions fâcheuses, nemanquant ni de méthode ni de science, mais étant soumis aux tluctua-tions de modes intolérantes, exclusives, sans avoir pour se guider unedoctrine établie sur des principes et des déductions logiques. La lumièrecritique et analytique lui fait défaut ou; si cette lumière, —comme celapeut arriver et arrive pour plusieurs— l’éclaire personnellement, il nepeut la faire pénétrer dans un milieu réfractaire, se passionnant pour desabstractions changeantes.