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ENTRETIENS SUR L ARCHITECTURE.
confrérie des badauds. Mais enfin les 38 000000 d’âmes qui composentla nation française ne " as toutes partie de cette confrérie. Il y a unfonds de bon sens et de droiture —j’allais dire d’honnêteté —dans notrepays, qui répugne à ce rôle de dupcurs et de dupés. Le gros du publicpasse indifférent devant les tréteaux des uns et l’ébahissement des autres;on se contente de lever les épaules. Ce n’est pas assez : s’abstenir et s’ef-facer devant le mal, l’impertinence ou la sottise, c’est s’en faire les com-plices et encourir les dommages qu’entraînent avec eux le mal, la sottiseet l’impertinence. Nous n’éprouvons que trop les effets de celte solidaritéaujourd’hui. Indifférents ou dupes, il nous faut payer les folies que nousavons laissé passer sans protester, ou que nous avons approuvées parignorance ou badauderie. S’il en doit toujours être ainsi, c’est à déses-pérer de l’avenir du pays, et le petit nombre de ceux qui protesteraientn’auraient, comme dernière ressource, qu’à s’exiler pour ne pas être pluslongtemps les complices ou les témoins de celte décadence morale.
Après nos désastres, nous n’avons guère conservé la supériorité enEurope que sur un seul point: les productions d'art. C’est peu, assuré-ment, et il doit répugner à une grande nation de n’êlre plus que lesamumtrs du monde civilisé. Mais ce peu même nous sera bientôt ravi sinous n’apportons pas la plus grande attention et l’esprit le plus libéraldans l’enseignement de cette branche des travaux de l’intelligence. Toutse tient dans la vie d’une nation, et la splendeur intellectuelle va de pairavec les supériorités de tout ordre. C’est avec le développement poli-tique, le sentiment profondément patriotique, l’énergie morale, la phi-losophie, le commerce, l’industrie, que les arts ont acquis une hautevaleur dans l’ancienne Grèce comme à Rome , pendant le moyen âge et laRenaissance en Occident; et il ne faudrait pas espérer voir les arts con-tinuer à jeter chez nous un certain éclat, du jour où la France seraitréduite au dernier plan des nations civilisées. Rien qu’il soit téméraire depréjuger l’avenir du pays d’après ce qui s’est passé depuis la fin de laguerre d’invasion et la guerre civile, et qu’il faille laisser au pays letemps nécessaire pour se remettre après de pareilles crises, cependant ceserait une taule de ne pas signaler les tendances funestes au rétablisse-ment d’une situation normale favorable au progrès.
Nous sommes en république. mais le nom ne fait rien à l’affaire :
nous préférerions la chose sans le titre au titre sans la chose, l'ne répu-blique oligarchique ou démocratique peut être très-favorable au déve-loppement des travaux intellectuels et de l’art, par conséquent. Si c’estune république démocratique — et la nôtre ne peut avoir une autreforme — il faut admettre, pour qu’elle prospère, les conditions inhé-